3 avril 1874

« 3 avril 1874 » [source : BnF, Mss, NAF 16395, f. 70], transcr. Véronique Heute, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.d9366e123, page consultée le 04 mai 2026.

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Je sais, mon pauvre bien-aimé, que tu as mal dormi encore cette nuit, car je t’ai entendu tousser presque à toutes les heures. J’espérais que tu te rattraperaisa ce matin, mais voilà déjà longtempsb que je t’entends remuer dans ta chambre. Cependant je m’abstiens d’y entrer dans la crainte que tu ne sois qu’à moitié éveillé. Je viens d’écrire une lettre de condoléancesc à ce pauvre Luthereau en le chargeant d’en faire part aux fils Krafft. J’ai pensé qu’il fallait que cette marque de regret sincère leur arrivât le jour même de l’enterrement de cette pauvre femme1 ; tu le penses de même, n’est-ce pas ? Le temps ne nous permettra pas de sortir aujourd’hui, mon cher adoré, et j’en suis très malheureuse parce que je m’étais habituée à considérer ce bonheur conditionnel comme un droit quotidien. J’avais compté sans le baromètre. Aussi suis-je toute triste ce matin de cette pluie maussade. Je m’en venge en t’adorant, mais cela ne me console pas.


Notes

1 Laure Krafft, amie de jeunesse de Juliette, avait eu deux fils hors-mariage avant d’épouser l’imprimeur Jean Luthereau.

Notes manuscriptologiques

a « rattrapperais ».

b « long-temps ».

c « condoléance ».

Cette année-là…
?

Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.

ils emménagent rue de Clichy. Elle ignore que la liaison avec Blanche, qui n’est plus à leur service, continue.

  • 19 févrierQuatrevingt-treize.
  • 29 avrilIls emménagent 21 rue de Clichy.
  • OctobreMes fils.