« 6 septembre 1875 » [source : BnF, Mss, NAF 16396, f. 233], transcr. Véronique Heute, rév. Jean-Marc Hovasse, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.d6986e242, page consultée le 06 août 2026.
Paris, 6 sept[embre][18]75, lundi matin, 7 h.
Je te donne mon bonjour tout frais éclos, mon grand bien-aimé, je te donne mon cœur tout plein de toi, je te donne mon âme toute blanche d’amour. Comment as-tu passé la nuit ? Bien, je l’espère, si j’en juge d’après la mienne qui ne laisse rien à désirer. Je vais prendre un bain tout à l’heure qui achèvera de me ravigotera tout à fait. Mais que c’est beau ! que c’est beau ! que c’est beau, mon Dieu !, ce que tu nous as lu hier soir1 ! Rien que pour l’avoir entendu je me sens grandie de cent coudées et soulevée jusqu’au zénith de ton génie comme si j’avais des ailes. J’ai l’emportement et l’audace de mon admiration comme j’ai celui de mon amour qu’aucune de tes sublimes grandeurs n’intimideb parce que je t’aime autant que tu es grand.
1 La veille, Hugo a composé le poème « Tous les bas âges sont épars sous ces grands arbres » (L’Art d’être grand-père).
a « ravigotter ».
b « n’intimident ».
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
ils font un bref séjour à Guernesey pour récupérer des affaires.
- 19-28 avrilSéjour à Guernesey.
- 4 octobreIls vont sur la tombe de Claire à Saint-Mandé.
