« 28 février 1874 » [source : BnF, Mss, NAF 16395, f. 37], transcr. Véronique Heute, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.d6114e609, page consultée le 04 mai 2026.
Paris, 28 février 1874, samedi soir 6 h.
Cher bien-aimé, je te remercie de m’avoir donné les derniers rayons de soleil de ce doux mois béni. Demain cela ne m’aurait pas fait autant de bien et de bonheur, l’air eût-il été encore plus doux qu’aujourd’hui et le soleil plus beau si c’est possible. C’est plus qu’une superstition, c’est la sainte religion de mon âme. Je voudrais que tout ce qui peut t’arriver d’heureux et à moi aussi eût lieu dans ce suprême mois de ta naissance et de notre amour. J’aurais voulu prolonger cette ravissante promenade jusqu’à la fin de la soirée, mais j’ai eu la sagesse de ne pas te le demander pour te laisser toute liberté de penséea et d’action. Je ne veux jamais, autant du moins que cela me sera possible, peser sur toi et gêner ta liberté et tonb travail sacré. Donc, mon cher adoré, à part un gros petit soupir de regret tout à l’heure, je suis contente de mon sacrifice parce que j’espère que tu m’en tiens compte au fond du cœur. Tâche de m’en récompenser en ne venant pas trop tard. Je t’attends à mon poste d’amour et d’honneur.
a « pensé ».
b « ton ton ».
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
ils emménagent rue de Clichy. Elle ignore que la liaison avec Blanche, qui n’est plus à leur service, continue.
- 19 févrierQuatrevingt-treize.
- 29 avrilIls emménagent 21 rue de Clichy.
- OctobreMes fils.
