« 13 septembre 1853 » [source : BnF, Mss, NAF 16374, f. 358-359], transcr. Bénédicte Duthion, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.d4182e540, page consultée le 01 mai 2026.
Jersey, 13 septembre 1853, mardi après-midi, 3 h. ½
Rien que cette goutte de restitus, mon adoré bien-aimé, mais cette goutte contient tout mon cœur. Le temps me manque pour gribouiller mais mon âme n’en esta que plus active à t’aimer. L’esprit se distille plus facilement que l’amour et l’eau que le sirop. C’est pour cela, mon bien-aimé, que j’ai tant de peine à extraire le mien de ma pensée. Ce n’est pourtant pas ce qui m’arrête tous les jours, mon cher petit, mais la nécessité de faire face à tous mes petits besoins d’entretien et de ménage. Aujourd’hui, il faut que je te marque des chaussettes dont tu as le plus grand besoin, puis ce sera au tour de Charles. Tout cela, mon pauvre adoré, qui ne serait rien pour une fée domestique est une besogne très difficile pour une Juju maladroite comme je suis. Ce n’est qu’à force de temps et d’impatience que je viens à bout de la moindre des choses. C’est ce qui t’explique, mon doux adoré, comment il se fait que le temps matériel me manque pour te griffouiller les tendresses dont mon cœur déborde. Justement te voici, quel bonheur !
Juliette
a « n’en n’est ».
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
elle s’inquiète des séances de spiritisme à Marine-Terrace, dont elle est exclue, et qui lui semblent des diableries.
- 6 septembreArrivée de Mme de Girardin chez les Hugo ; elle va initier ses hôtes aux tables parlantes à partir du 11 septembre.
- 21 novembreChâtiments.
