« 17 juillet 1874 » [source : BnF, Mss, NAF 16395, f. 138], transcr. Véronique Heute, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.d2996e530, page consultée le 01 mai 2026.
Paris, 17 juillet [18]74, vendredi matin
Cher bien-aimé, je t’envoie mon bonjour libre de tout geignementa ce matin ; j’espère que ce revenez-y de gaillardise persistera et que je pourrai répondre à armes courtoises à tes provocations de tout genreb. En attendant ce tournoi galant, je fais forces de voile et de rame pour me tenir sur mes pattes qui commencent à désenfler. Toute la petite maisonnée d’en haut déjeune ici ce matin mais ne dînera pas ce soir. Ce serait le cas de nous envoler vers un cabaret champêtre, comme autrefois. Il me semble que cela me ravigoteraitc et me ravitaillerait de santé et de bonheur pour bien longtempsd. Mais je ne veux pas trop me leurrer avant de savoir si ton travail et… le reste te permettronte cette excursion rétrospective dans notre chemin d’amour. J’attendrai que tu en décides avant de me livrer à la joie ou aux regrets, en continuant de t’aimer autant, et plus encore, si le plus est possible, qu’autrefois. Je baise tes pieds que je bénis et ton grand front que j’adore.
a « geignements ».
b « genres ».
c « ravigotterait ».
d « long-temps ».
e « permettrons »
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
ils emménagent rue de Clichy. Elle ignore que la liaison avec Blanche, qui n’est plus à leur service, continue.
- 19 févrierQuatrevingt-treize.
- 29 avrilIls emménagent 21 rue de Clichy.
- OctobreMes fils.
