10 juillet 1874

« 10 juillet 1874 » [source : BnF, Mss, NAF 16395, f. 131], transcr. Véronique Heute, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.d2996e290, page consultée le 01 mai 2026.

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Si je juge de ta nuit par la mienne, mon grand bien-aimé, tu n’as pas dû dormir beaucoup ; mais j’espère que, par tempérament et par volonté, tu as bien supporté cette odieuse chaleur orageuse et que tu as dormi comme un noir. Je ne pense pas que tu sois déjà sorti à cause de la pluie imminente qui se prépare. Il est vrai que ce n’est pas une raison pour t’arrêter, au contraire. Il est vrai aussi que lorsque je te crois loin tu es près et, réciproquement, quand je te crois chez toi tu cours la prétentaine1 Dieu sait où. Dans le doute je laisse aller mon âme à l’aventure à la recherche de la tienne pendant que mon corps s’occupe machinalement des affaires de la maison. À ce propos, j’ai mis en réserve pour toi 55 fr, en or. Mais comme j’ai à faire face à beaucoup de dépensesa d’ici à demain pour le fameux gala Simon et Sée, je te serai bien obligée de me les rendre, et même d’y ajouter une certaine somme aujourd’hui même. Voilà comme je suis et je vous aime, et je vous adore.


Notes

1 Ou « prétantaine » : familièrement. « Courir la prétantaine », courir çà et là, sans nécessité, faire des promenades, des sorties, des voyages qu’interdit la bienséance (Littré).

Notes manuscriptologiques

a « dépense ».

Cette année-là…
?

Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.

ils emménagent rue de Clichy. Elle ignore que la liaison avec Blanche, qui n’est plus à leur service, continue.

  • 19 févrierQuatrevingt-treize.
  • 29 avrilIls emménagent 21 rue de Clichy.
  • OctobreMes fils.