« 8 novembre 1853 » [source : BnF, Mss, NAF 16374, f. 448-449], transcr. Bénédicte Duthion, rév. Gérard Pouchain, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.d16288e252, page consultée le 01 mai 2026.
Jersey, 8 novembrea 1853, mardi soir
Vous mériteriez que je ne vous fasse aucune restitus pour vous apprendre à en user avec cette indécente irrévérence. Je croyais avoir accrochéb mes prétentionsc épistolaires assez bas pour n’avoir pas d’efforts ridicules à faire en les décrochant. Il paraît que je me suis trompée. Du reste, les aurais-je enfouies dans un trou que votre indulgence n’en aurait pasd été plus clémente envers elles et envers moi. Aussi, je ne vois pas ce que j’ai à gagner à vous montrer les endroits faibles de mon esprit et de mon cœur si ce n’est en moqueries et en turlupinades de toutes sortes. N’en croyez pas pourtant que j’en sois le moins du monde humiliée. Il y a longtemps déjà, et bien auparavant vous, que [je] connaissais mon infirmité spirituelle et que j’en avais pris mon parti. De ce côté, je n’ai rien oublié et vous ne m’avez rien appris. Maintenant triomphez tant que vous voudrez, je ne m’y oppose pas, au contraire.
Ah ! Justement vous voici. Quel bonheur ! Vous n’aurez pas de mes stupidités. ATTRAPÉ.
Juliette
a Juliette écrit « octobre ».
b « accrochées ».
c « prétensions ».
d « n’en n’aurait pas ».
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
elle s’inquiète des séances de spiritisme à Marine-Terrace, dont elle est exclue, et qui lui semblent des diableries.
- 6 septembreArrivée de Mme de Girardin chez les Hugo ; elle va initier ses hôtes aux tables parlantes à partir du 11 septembre.
- 21 novembreChâtiments.
