« 9 septembre 1874 » [source : BnF, Mss, NAF 16395, f. 186], transcr. Véronique Heute, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.d13777e387, page consultée le 02 mai 2026.
Paris, 9 septembre [18]74, mercredi soir, 4 h.
Je n’ai pas encore pu, depuis plus de quarante ans que cela m’arrive au moins une fois par jour, m’habituer à te voir partir sans émotion et sans tristesse. Il me semble que ma vie tombe tout à coup dans un trou noir d’où elle ne pourra jamais sortir. C’est ce que je viens d’éprouver encore une fois de plus tout à l’heure en te regardant disparaître au coin de la rue. Ne t’étonne donc pas, mon pauvre trop aimé, si mon gribouillis se ressent de cette douloureuse impression qui s’effacera dès que tu reparaîtras. Je vais essayer en attendant de mettre les comptes du mois d’août à jour. J’ai fait mettre tes deux lettres à la poste et porter à domicile celle du docteur Laurensa. Mariette n’a pas voulu sortir avec sesb deux compagnes et la cuisinière jusqu’à présent paraît vouloir rester à la maison. Quant à moi je n’ai besoin d’aucune d’elles, ce qui fait que je suis indifférente à leurs faits et gestes respectifs. Demain je serai moins désintéresséec puisqu’il s’agira de faire faire honneur à ton service. Pour le moment je n’ai qu’à t’aimer et je m’en acquitte trop bien.
a « Laurans ».
b « ces ».
c « désinterressée ».
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
ils emménagent rue de Clichy. Elle ignore que la liaison avec Blanche, qui n’est plus à leur service, continue.
- 19 févrierQuatrevingt-treize.
- 29 avrilIls emménagent 21 rue de Clichy.
- OctobreMes fils.
