« 6 septembre 1874 » [source : BnF, Mss, NAF 16395, f. 183], transcr. Véronique Heute, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.d13777e285, page consultée le 01 mai 2026.
Paris, 6 septembre [18]74, dimanche soir, 5 h.
Cher bien-aimé, le temps que j’ai passé à lire, à relire ta belle, grande, fière et sublime lettre au Congrès de Genève m’a empêchée de t’écrire ce matin, bien que j’aie commencé un gribouillis à cette intention-là quand tu es venu l’interrompre très à propos pour déjeuner. Je te sais d’autant plus de gré de l’interruption qu’elle m’a permis de te dire de vive voix toute mon admiration que je n’aurais pu que t’écrire bêtement, comme toujours. Au reste, ça n’est pas le seul motif de reconnaissance que je te doive aujourd’hui car, grâce à la lecture prolongée de ton admirable lettre, j’ai tout à fait oublié de souffrir toute la matinée comme c’est mon habitude depuis longtemps. Merci, mon grand bien-aimé, et sois bénis pour ce nouveau bienfait. À propos, j’ai trouvé en rentrant un mot de Gouzien pour toi accompagnant un gros poisson. Malgré la diligence qu’on a misea à l’envoyer il nécessitait un fort court-bouillon tout de suite mais j’espère qu’il sera encore bon demain. Il faudra inviter les Gouzien à faire honneur à leur poisson demain. En attendant nous mangerons le nôtre (de poisson) ce soir. Je t’aime, attrapéb !
a « mis ».
b « attrappé ».
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
ils emménagent rue de Clichy. Elle ignore que la liaison avec Blanche, qui n’est plus à leur service, continue.
- 19 févrierQuatrevingt-treize.
- 29 avrilIls emménagent 21 rue de Clichy.
- OctobreMes fils.
