« 1 juin 1853 » [source : BnF, Mss, NAF 16374, f. 95-96], transcr. Bénédicte Duthion, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.d13499e25, page consultée le 09 mai 2026.
Jersey, 1er juin 1853, mercredi après-midi, 1 h. ½
Encore une bien médiocre restitus, mon pauvre adoré, si tu la mesures à la quantité de pataquès et d’inepties. Mais si tu en jugesa d’après l’amour dont je vais la bourrer tu n’en n’auras jamais eu un plus splendide que ce pauvre petit frileux d’aujourd’hui, en dépit de la migraine qui continue avec acharnement. Je t’aime d’autant plus que je peux moins bien te le dire. Je t’adore. Je ne sais pas ce que le bon Dieu fera de mon corps mais je sais qu’il ne pourra jamais faire autre chose de mon âme qu’un éternel amour pour toi. Aussi, je t’écrirais depuis le matin jusqu’au soir, et du soir jusqu’au matin, que je ne trouverais pas autre chose à te dire : je t’adore. Les broussailles, les ronces et les épines de ma rhétorique ne peuvent rien ajouter à cette fleur d’amour toujours épanouie dans mon cœur. C’est pourquoi, mon cher petit homme, je tiens si peu à t’accabler de ma botanique épistolaire. Quand je regarde sur mon papier, je trouve toujours qu’il y a trop de restitus. Quand je [puise ?] dans mon cœur, je sens que je n’en donne jamais assez et qu’il m’en reste toujours trop. Mais le moyen de concilier le trop et le pas assez, c’est de t’aimer sans commencement ni fin et de t’adorer de toute mon âme.
Juliette
a « juge ».
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
elle s’inquiète des séances de spiritisme à Marine-Terrace, dont elle est exclue, et qui lui semblent des diableries.
- 6 septembreArrivée de Mme de Girardin chez les Hugo ; elle va initier ses hôtes aux tables parlantes à partir du 11 septembre.
- 21 novembreChâtiments.
