17 juin 1853

« 17 juin 1853 » [source : BnF, Mss, NAF 16374, f. 144-145], transcr. Bénédicte Duthion, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.d13499e1031, page consultée le 01 mai 2026.

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Bonjour, mon cher petit homme, bonjour, mon pauvre enguignonné, bonjour. Si le temps ne se relève pas d’ici à tantôt, il sera impossible que tu fasses ta partie encore aujourd’hui. Je devrais le souhaiter au point de vue de l’égoïsme, mais je t’aime trop pour trouver mon bonheur aux dépensa du tien. Pour cette raison, mon doux amour, je souhaite bien sincèrement que tu aies beau temps tantôt, que tu t’amuses bien et que tu sois bien heureux. J’espère pourtant aussi que cela ne t’empêchera pas de penser à moi un peu, de me regretter à de certains petits moments et de m’aimer toujours. J’espère encore que tu viendras m’embrasser avant de partir, si tu pars. En attendant je me dépêche de faire ton eau à tout événement1 et puis je tâche de me composer une philosophie, le cas échéant, pour tout le reste de la journée. Mais d’ici-là, je t’attends et je t’adore.

Juliette


Notes

1 Juliette préparait à Hugo ses bains d’yeux.

Notes manuscriptologiques

a « au dépend »


« 17 juin 1853 » [source : BnF, Mss, NAF 16374, f. 146-147], transcr. Bénédicte Duthion, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.d13499e1031, page consultée le 01 mai 2026.

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Je veux t’écrire avant de sortir de la maison, mon adoré, c’est une superstition chez moi de vouloir qu’une part de ma pensée veille pendant mon absence à toutes les choses précieuses, vénérées et chères que tu as touchées, que tu m’as confiées et données. Je veux d’ailleurs que s’il m’arrivait malheur loin de toi, tu retrouves, sous cette humble forme, un morceau de mon âme, c'est-à-dire un rayon de mon amour pour toi. Je viens d’apprendre par Suzanne la difficulté que tu as euea pour trouver une voiture. Et d’après l’impatience de ta famille et son étonnement de ce long retard, j’ai cru entrevoir qu’on me l’attribuait et peut-être même qu’on m’en voulait. Heureusement que tu sauras bien les tirer d’erreur en leur racontant ce qui t’a retenu si longtemps à la ville. Dans tous les cas, je leur pardonne cet injuste soupçon et je leur souhaite en échange beaucoup de plaisir, de beau temps et de bonheur. Je crains que tu ne puissesb pas revenir ce soir, mais je ne veux pas que tu t’en fassesc un souci ni un ennui. Je serai trop heureuse si tu peux venir et je t’en aimerai pas moins si tu ne le peux pas. En attendant et avant de quitter la maison, je te baise de l’âme et je t’adore de partout.

Juliette


Notes manuscriptologiques

a « eu ».

b « puisse ».

c « fasse ».

Cette année-là…
?

Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.

elle s’inquiète des séances de spiritisme à Marine-Terrace, dont elle est exclue, et qui lui semblent des diableries.

  • 6 septembreArrivée de Mme de Girardin chez les Hugo ; elle va initier ses hôtes aux tables parlantes à partir du 11 septembre.
  • 21 novembreChâtiments.