« 17 août 1874 » [source : BnF, Mss, NAF 16395, f. 167], transcr. Véronique Heute, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.d12748e708, page consultée le 02 mai 2026.
Paris, 17 août [18]74, lundi soir, 6 h. ½
Cher bien-aimé, je commence seulement à revenir de l’abasourdissementa de ton horrible coup1 d’hier. J’avais essayé de t’écrire ce matin sans pouvoir y parvenir, car j’avais le cœur et la tête comme dans un étau. Maintenant que je suis sûre que cet affreux accident n’aura pas de suite, je suis à la joie de mon cœur et j’éprouve le besoin de rire, de chanter, de faire des folies. Je voudrais baiser la trace de tes pieds. Je voudrais surtout pouvoir détourner de ton chemin les poutres qui visent ton front et tes ŒILS. Je voudrais ne pas te quitter jamais quels queb soient tes affaires et ton travail. Il me semble que mon amour te préserverait de tout mal s’il était présent à tous les instants de ta vie. Je t’aime, je te bénis, je t’adore.
1 « Cet après-midi, pont de la Tournelle, en traversant la chaussée, pensif et les yeux baissés, je me suis heurté le front contre une énorme poutre qui dépassait le chargement de charpente d’une grosse charrette qui passait. Choc violent. Ecchymose. J’ai été un moment étourdi. Cependant je ne suis pas tombé et j’ai continué mon chemin. » (Carnets, albums, journaux. V ; op. cit., p. 853).
a « abazourdissement ».
b « quelque ».
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
ils emménagent rue de Clichy. Elle ignore que la liaison avec Blanche, qui n’est plus à leur service, continue.
- 19 févrierQuatrevingt-treize.
- 29 avrilIls emménagent 21 rue de Clichy.
- OctobreMes fils.
