« 18 août 1874 » [source : BnF, Mss, NAF 16395, f. 168], transcr. Véronique Heute, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.d12748e755, page consultée le 05 mai 2026.
Paris, 18 août [18]74, mardi matin, 8 h.
J’espère, mon pauvre bien-aimé, que malgré ton affreux coup, tu as bien dormi toute la nuit. Il faut que tu aies la tête taillée dans le roc comme tu l’as pour avoir résisté à cet épouvantable choc. Tout autre que toi aurait eu la tête brisée comme verre. Bien que je sache qu’il n’y a plus de danger à redouter maintenant pour ta chère tête, rien que la pensée du malheur qui t’a menacé avant-hier me donne une sorte d’oppression que je ne peux pas définir et qui me donne envie de pleurer. Mais voici la Petite Jeanne tout en joie, tout en sourire et tout en fête anticipée, puisque le paradis olympique du cirque ne s’ouvrira pour elle, pour son frère et pour nous qu’à huit heures du soir. En attendant elle veut manger sa soupe tout de suite et je vais la lui chercher… Sa maman et son frère dorment encore et j’en profite pour garder près de moi cette adorable petite fille le plus longtemps possible. Tout à l’heure je vais me mettre d’arrache-pied au nettoyagea et au triage de tes papiers. J’espère en faire la plus grosse partie d’ici au déjeuner. C’est à cette intention que je néglige mon train-train du matin, quitte à le rattraperb tantôt et que je te donne en bloc tout ce que j’ai de plus tendre dans le cœur et dans l’âme.
a « nétoyage ».
b « rattrapper ».
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
ils emménagent rue de Clichy. Elle ignore que la liaison avec Blanche, qui n’est plus à leur service, continue.
- 19 févrierQuatrevingt-treize.
- 29 avrilIls emménagent 21 rue de Clichy.
- OctobreMes fils.
