« 3 août 1874 » [source : BnF, Mss, NAF 16395, f. 153], transcr. Véronique Heute, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.d12748e107, page consultée le 05 mai 2026.
Paris, 3 août [18]74, lundi matin
Je suis punie par où j’ai péché, mon pauvre grand bien-aimé, c’est juste, mais je crains que toi-même tu n’aies ressenti le contrecoup de ma méchanceté et voilà ce qui me tourmente. Malheureusement je ne saurai à quoi m’en tenir qu’à midi quand je te verrai ; d’ici là j’ai le temps, hélas ! de cuver mes remords. D’autre part j’ai la tristesse de voir la pauvre Henriette malade d’un affreux érysipèlea1 qui la fait beaucoup souffrir et qui durera huit ou dix jours au moins ; tout cela, comme tu vois, n’est rien moins que gai. Encore si je savais que tu ne m’en veux pas, que tu as passé une bonne nuit et que tu m’aimes, j’aurais du courage, de la patience et de la résignation. Mais rien, rien, rien que le souvenir de ma stupide impatience d’hier soir. C’est trop et trop peu. Enfin, je le répète, je suis punie par où j’ai péché, mais ce n’est pas une raison pour que tu en souffres et pour que la pauvre Henriette ait la tête comme un boisseau. Pardonne-moi, je t’adore.
1 « Érysipèle » : Terme de médecine. Inflammation superficielle de la peau avec tension et tumeur et ordinairement avec fièvre générale (Littré).
a « érisypèle ».
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
ils emménagent rue de Clichy. Elle ignore que la liaison avec Blanche, qui n’est plus à leur service, continue.
- 19 févrierQuatrevingt-treize.
- 29 avrilIls emménagent 21 rue de Clichy.
- OctobreMes fils.
