25 décembre 1853

« 25 décembre 1853 » [source : BnF, Mss, NAF 16374, f. 540-541], transcr. Bénédicte Duthion, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.d11956e642, page consultée le 01 mai 2026.

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Bonjour, mon ineffable bien-aimé, bonjour tout adoré, bonjour. Selon ma louable habitude je suis encore en retard aujourd’hui et pourtant je M’ÉPÊCHE, je M’ÉPÊCHE, Dieu sait la joie. Du reste, mon cher petit homme, vous n’êtes pas beaucoup plus alerte que moi à la restitus en chair et en os. Aussi, je ne vous reconnais pas le droit de vous plaindre de ma lanternerie, vous qui êtes prêt à tout et qui faites tout avec tout le monde, excepté avec moi. Il est vrai que j’ai pour amusement et pour compensation mes embêtements de DOMESTIQUE, ce qui est bien quelque chose à en juger par tout ce qui s’est passé chez moi depuis que vous êtes parti. Mais il est parfaitement inutile de faire durer le PLAISIR jusque dans ce pauvre petit restitus. D’ailleurs, je pourrai vous le narrer ce soir si vous avez le temps de m’écouter. En attendant, je vous aime à perte de cœur et d’âme et j’attends mardi avec quelque impatience. D’ici-là j’ai encore le temps de croquer beaucoup de marmot1 et de broyera de la bisque. Mais je suis faite à ce régime d’autruche et je ne vous en aime pas plus mal.

Juliette


Notes

1 Croquer le marmot : attendre.

Notes manuscriptologiques

a « broier ».


« 25 décembre 1853 » [source : BnF, Mss, NAF 16374, f. 542-543], transcr. Bénédicte Duthion, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.d11956e642, page consultée le 01 mai 2026.

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Je t’attends et je te désire comme ma joie et comme mon bonheur, mon amour rayonnant, et pourtant je ne suis pas sans inquiétude pour ma PEAU de Juju que vous allez probablement me tanner tout à l’heure pour l’énorme maladresse que j’ai faite en copiant votre lettre. Mais, aussi, c’est votre faute avec votre manie de vouloir votre encrier toujours plein bord à bord. Il s’en suit que je ne m’en suis pas assez méfiée et que j’ai fait deux énormes pâtés que vous seriez bien gentil de digérer comme de simples brioches1 tout à l’heure. Cela ne serait que juste car j’ai encore vos CRÈPES d’hier dans l’estomac. Quoiqu’il en soit, mon cher petit homme, je suis bien fâchée de ma jocrisserie2 et je t’en demande autant de fois pardon que je t’ai donné de baisers depuis le premier du premier jour jusqu’au dernier d’hier au soir. Maintenant, viens dès que tu le pourras. Je suis retranchée dans ma carapace d’amour et je me fiche de vos mauvais traitements. Je me hâte de vous faire tout mon restitus pour que vous ne me bousculiez pas deux fois pour une. Je vous adore sans préjudice de ma râclée.

Juliette


Notes

1 Bévues.

2 Jocrisse : personnage de comédie incarnant un valet bouffon maladroit et assez niais.

Cette année-là…
?

Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.

elle s’inquiète des séances de spiritisme à Marine-Terrace, dont elle est exclue, et qui lui semblent des diableries.

  • 6 septembreArrivée de Mme de Girardin chez les Hugo ; elle va initier ses hôtes aux tables parlantes à partir du 11 septembre.
  • 21 novembreChâtiments.