« 14 décembre 1853 » [source : BnF, Mss, NAF 16374, f. 522-523], transcr. Bénédicte Duthion, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.d11956e386, page consultée le 01 mai 2026.
Jersey14 décembre 1853, mercredi soir, 5 h.
Si les bons procédés, si les attentions charmantes pouvaient remplacer votre chère petite personne vagabonde, mon beaucoup trop adoré, personne ne serait plus heureuse que moi car vous ne m’en laissez pas manquer. Mais, hélas, il n’y a pas de sauce, quelque exquise qu’elle soit, qui vaille votre poisson, même sans assaisonnement. Cette comparaison gastronomique frappera peut-être l’attention de votre goinfrerie mieux que les PAPILLONS de la vaporeuse Céleste Féau. C’est pour cela que je m’en sers de préférence, espérant vous allécher par ces métaphores CULINAIRES et vous faire mordre à mes tendresses plaintives. En attendant je continue de boire vos PETITS vers au risque de me griser pour le reste de mes jours. Je crois que vous voilà, mais je tiens à vous appliquer vos propres paroles : CECI TUERA CELA1.
J. Drouet
1 Dans Notre-Dame de Paris, roman publié en 1831, Victor Hugo intitule « Ceci tuera cela » le chapitre II du livre V, qui débute ainsi : « Nos lectrices nous pardonneront de nous arrêter un moment pour chercher quelle pouvait être la pensée qui se dérobait sous ces paroles énigmatiques de l’archidiacre : Ceci tuera cela. Le livre tuera l’édifice. » (CFL, t. IV, p. 136).
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
elle s’inquiète des séances de spiritisme à Marine-Terrace, dont elle est exclue, et qui lui semblent des diableries.
- 6 septembreArrivée de Mme de Girardin chez les Hugo ; elle va initier ses hôtes aux tables parlantes à partir du 11 septembre.
- 21 novembreChâtiments.
