« 31 décembre 1850 » [source : Leeds, BC MS 19c Drouet/1850/77], transcr. Gwenaëlle Sifferlen, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.d11832e2373, page consultée le 01 mai 2026.
31 décembre [1850], mardi midi ½
N’oubliea pas que tu m’as promis de venir de bonne heure, mon petit homme, n’oublieb pas non plus que je compte sur une bonne petite lettre d’étrennes de toi demain. Je voudrais déjà la tenir pour la baiser sur chacun de ses mots et chacune de ses lettres. Je t’attends avec une impatience dont tu ne peux pas avoir idée parce que il faudrait pour cela m’aimer comme je t’aime et que je puisse écrire comme toi, deux choses tout à fait impossiblesc pour chacun de nous. Je n’ose pas te demander de rester avec moi jusqu’à minuit afin que je te donne le premier baiser de l’année. Je sens que ce n’est guère possible maintenant avec tes nouvelles habitudes et surtout à cause de ta chère santé pour laquelle je veux être la première à donner l’exemple de l’abnégation et des sacrifices de toutes sortes. Ainsi, mon petit homme, vous commencerez l’année de votre côté sans moi mais non sans ma pensée, sans mes vœux et sans mon amour qui ne vous quittent jamais. Tâchez de penser un peu dans ce moment-là à votre pauvre solitaire de la cité Rodier et n’oubliez pas le soir en rentrant dans votre chambre de [illis.][La dernière page n’est pas accessible.].
a « n’oublies ».
b « n’oublies ».
c « impossible ».
« 31 décembre 1850 » [source : Leeds, BC MS 19c Drouet/1850/78], transcr. Gwenaëlle Sifferlen, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.d11832e2373, page consultée le 01 mai 2026.
31 décembre [1850], mardi minuit ¼
Je ne me coucherai pas, mon petit homme, sans t’avoir souhaité bonne santé et bonheur. Il n’a pas dépendu de moi que ce souhait t’arrive sous sa véritable forme, dans un baiser, mais tel qu’il est je te prie de l’accueillir comme l’expression la plus sincère et la plus tendre de l’amour le plus dévoué qui fut jamais.
Vilain sort d’ici. Il a voulu être le premier, à ton défaut, à me souhaiter la bonne année. Mais, tout en appréciant les rares et bonnes qualités de cet excellent garçon, j’avoue que ma pensée, mon cœur, mon âme étaient hors de la chambre où cette solennité cordiale s’accomplissait. Je crois qu’il s’en est aperçu car il me l’a dit en s’en allant, plutôt pour me plaindre que pour me le reprocher. Cher petit homme, sois heureux, puisque tu peux l’être sans moi. Laisse-moi t’aimer à ma manière et surtout n’oubliea pas de m’écrire une bonne petite lettre demain matin si déjà elle n’est pas écrite ce soir. Je voudrais passer ma nuit à l’attendre pour la faire venir plus vite. J’en prends assez le chemin car il est bientôt une heure. Bonsoir, adoré, dormez bien pour vos étrennes. Moi je vous adore pour les miennes, mes moyens me le permettent.
Juliette
a « n’oublies ».
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
Hugo compose de nombreux dessins dans l’atelier qu’il a installé chez elle
- 15 janvierDiscours de Hugo sur la liberté de l’enseignement.
- 5 avrilDiscours de Hugo contre la déportation.
- 18 maiAngelo tyran de Padoue est repris pour 14 représentations et 5 en 1851. La distribution est la suivante : Beauvallet est toujours Angelo, Maillart remplace Geffroy dans Rodolfo, Maubant remplace Provost dans Homodei. Les deux sœurs Félix jouent respectivement Catarina (Rebecca) et la Tisbé (Rachel).
- 21 maiDiscours de Hugo sur le suffrage universel.
- 9 juilletDiscours de Hugo sur la liberté de la presse.
- 4 décembreHugo, qui souffre de maux de gorge depuis plusieurs mois, se fait opérer de la luette.
