« 5 août 1875 » [source : BnF, Mss, NAF 16396, f. 203], transcr. Véronique Heute, rév. Jean-Marc Hovasse, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.d10747e216, page consultée le 09 août 2026.
Paris, 5 août [18]75, jeudi matin, 8 h.
Bonjour, mon grand bien-aimé, bonjour. Je me déclare d’avance satisfaite pour toute la journée si tu as eua une bonne nuit comme je l’espère. Le temps est presque aussi malingre que moi ce matin, ce qui n’empêchera pas le départ de Mme Charles ce soir à ce qu’il paraît. Ce mauvais vin une fois tiré il faut le boire comme s’il était bon et faire contre bon cœur fortune. À propos de citation, je te demande pardon pour la variante que je me suis permise hier dans ta poésie sacrée1. Mais, par rapport à moi, il eût été difficile de ne pas la faire à moins de s’abstenir tout à fait, ce qui eut mieux valub, j’en conviens, mais une fois n’est pas coutume et je te promets d’user discrètement des trésors de ton génie à l’avenir.
Je pense que si les Massicault ne devaient pas venir à cause de la mort de leur grand-père ils nous l’auraient déjà fait savoir. J’enverrai d’ailleurs au marché à la dernière heure pour leur donner le temps. Je te donne à la dernière ligne mon dernier mot : je t’aime.
1 Dans sa lettre de la veille, 4 août [18]75, mercredi soir, 5 h., Juliette Drouet avait détourné deux vers d’un poème de Victor Hugo, « Dans l’église de *** » (25 octobre 1834) paru dans Les Chants du crépuscule (1835). Au lieu de citer : « Le nœud de l’âme au corps, hélas ! à tout moment / Dans l’ombre se délie ! », elle avait écrit un bel alexandrin : « Les nœuds de l’âme au corps lentement se délient. »
a « eu » est en ajout inférieur.
b « valut ».
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
ils font un bref séjour à Guernesey pour récupérer des affaires.
- 19-28 avrilSéjour à Guernesey.
- 4 octobreIls vont sur la tombe de Claire à Saint-Mandé.
