« 3 novembre 1880 » [source : BnF, Mss, NAF 16401, f. 274], transcr. Emma Antraygues et Claire Josselin, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.d10336e117, page consultée le 01 mai 2026.
Paris, 3 novembre 1880, mercredi matin, 11 h. ½
Cher bien-aimé, j’ai presque honte de ma bonne nuit en pensant que la tienne n’a été rien moins que bonne à cause de ton gros rhume. J’ai tant dormi que je t’ai à peine entendu remuer deux ou trois fois dans ton lit. C’est honteux et cependant j’ose le dire pour m’en punir. Il faut aussi que je te dise que, manquant tout à fait de chemises de corps au moment d’aller à Veules, j’en ai fait faire une douzaine deux fois et qu’elles ne sont pas payées. J’ai toujours oublié et hésité de t’en parler tant je crains ces doutes de confidences entre nous deux. Mais, aujourd’hui je ne peux plus reculer depuis qu’on m’a apporté à nouveau la note qui se monte à 237 F. et une fraction de centimes et qu’il faut payer. Sans compter que j’ai le plus grand besoin de chaussures d’hiver. Enfin, mon cher petit homme, j’aurais voulu n’avoir besoin de rien en ce moment où tu viens de m’offrir une montre splendide mais ce bijou utile et charmant ne peut pas remplacer toutes les autres choses nécessaires à la vie, tu le comprendras, n’est-ce pas, et tu ne m’en voudras pas. Je t’aime.
[Adresse]
Monsieur Victor Hugo
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
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