3 octobre 1836

« 3 octobre 1836 » [source : BnF, Mss, NAF 16328, f. 9-10], transcr. Claudia Cardona, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.10069, page consultée le 27 janvier 2026.

Mon cher petit homme, je crois que je suis volée comme dans un Bois. La bonne intention était entière de mon côté et si je n’ai pas mieux réussi dans mes économies ce n’est pas ma faute, je continue de t’aimer comme une folle et je ne vous garde pas la moindre rancune pour m’avoir MONOGRAPHIÉ mon cher petit bijou. Vous travaillez, c’est très bien. Cependant n’oubliez pas votre pauvre Juju qui vous attend avec amour.
Je ne vous écris pas bien parce que j’ai une mauvaise plume. Laissez-moi donc mon canif et vous verrez comme je vous peindrai mon amour. Je vous aime, je vous baise et je vous adore.

Juliette


« 3 octobre 1836 » [source : BnF, Mss, NAF 16328, f. 11-12], transcr. Claudia Cardona, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.10069, page consultée le 27 janvier 2026.

Le sort en est jeté, je ne fais point rôtir mon volatil. Tant pis pour vous si vous venez. Vous serez réduit à ronger un maigre abatil et à vous emplir de pommes de terre. Juliette. Cependant par un excès de précaution, quoique je sache très bien que vous ne viendrez pas, j’ai fait faire la sauce et les haricots verts. Vous saurez donc, mon cher amour, que vous voyant parti pour tout à fait, j’ai interrompu ma toilette commencée, j’ai gardé mon sarrau et remis mon bonnet. J’ai aidé la bonne à faire la cuisine et me voilà libre de faire toutes les caravanesa qui me passerontb par la tête. Tant pis. Tiens, au fait, ce ne serait peut-être qu’une juste représaille car enfin qu’est-ce qui me prouve que vous n’êtes pas en tronche à tronche avec quelque particulière TRÈS CONNUE.
Vous voyez donc bien que j’aurais raison. Oui, mais c’est que je vous aime. Voilà le diable. Je t’aime.


Notes manuscriptologiques

a « caravannes ».

b « passerons ».

Cette année-là…
?

Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.

elle refuse un engagement à la Porte-Saint-Antoine. Hugo l’emmène en voyage en Normandie et en Bretagne, où elle revoit Fougères, sa ville natale.

  • JanvierElle refuse un engagement au Théâtre de la Porte-Saint-Antoine.
  • 8 marsElle emménage au 14 rue Sainte-Anastase.
  • 23 marsHugo donne une mèche de ses cheveux à Juliette.
  • 26 marsReprise d’Angelo tyran de Padoue à la Comédie-Française. Marie Dorval joue la Tisbe, Mlle Volnys joue Catarina.
  • 15 juin-21 juilletVoyage avec Hugo en Normandie. Le 22 juin, étape à Fougères où elle n’était pas revenue depuis l’enfance.
  • 14 novembreLa Esmeralda à l’Opéra (musique de Louise Bertin, fille de Bertin aîné, sur un livret de Hugo).
  • 8 décembreMort en bas âge de son neveu Michel-Ernest Koch.