« 10 janvier 1874 » [source : BnF, Mss, NAF 16395, f. 11], transcr. Véronique Heute, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.d8580e400, page consultée le 01 mai 2026.
Paris, 10 janvier 1874, samedi, 1 h.
Le contrordrea pour la rue Royale ne doit pas nous empêcher de sortir les enfants par ce beau temps, n’est-ce pas ton avis, mon cher bien-aimé ? Même si tu voulais, tu pourrais en profiter pour faire une visite à Saint-Mandéb. C’est justement aujourd’hui samedi, jour désigné par ta pauvre chère fille elle-même. Il est nécessaire qu’à travers son rêve et son indifférence apparente, elle sente que tu es là, que tu l’aimes et que tu la protègesc. Moi, j’irais pendant ce temps-là à Saint-Mandéd, je veux dire au cimetière où je payeraie le semestre de l’entretien de la tombe de ma fille. Pour cela, il ne faudrait pas trop retarder le déjeuner et partir tout de suite après afin de profiter du soleil et ramener les enfants à quatre heures chez eux. Tu as raison, mon bien-aimé adoré, il ne faut donner aucune prise à la malignité publique. Il faut nous aimer et nous serrer plus près encore si c’est possible l’un de l’autre, tout en tâchant d’écarter les fousf et les folles qui pourraient troubler la tranquillité de notre intimité bénie. Je baise toute ta personne adorée.
a « contre ordre ».
b « St-Mandé ».
c « protège ».
d « St-Mandé ».
e « payerais ».
f « foux ».
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
ils emménagent rue de Clichy. Elle ignore que la liaison avec Blanche, qui n’est plus à leur service, continue.
- 19 févrierQuatrevingt-treize.
- 29 avrilIls emménagent 21 rue de Clichy.
- OctobreMes fils.
