« 11 janvier 1874 » [source : BnF, Mss, NAF 16395, f. 12], transcr. Véronique Heute, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.d8580e440, page consultée le 01 mai 2026.
Paris, 11 janvier 1874, dimanche, 11 h. du matin
Pendant que tu t’absorbesa dans tes pensées, mon bien-aimé, moi je te bénis et je t’adore. Pendant que tu crées de nouveaux chefs-d’œuvreb, moi je m’occupe de notre petit ménage ; à chacun son lot. À toi l’admiration du monde entier, à moi l’honneur et le bonheur de te servir à genoux comme mon Dieu, et c’est moi la mieux partagée. À ce propos, je trouve que tes chers petits n’ont guèrec de chance pour leur petite fête d’enfants chez Allix, car il fait ce matin un brouillard noir et pénétrant qui peut les enrhumer pendant le long trajet de la rue Drouot à la rue St-Florentin. Sans compter le retour qui sera peut-être encore plus brouillardeux que maintenant. Il est vrai que le plaisir est encore le meilleur calorifère et le plus brillant soleil pour les enfants ; à ce compte-là, ils doivent être archi-préservés contre toutes les mauvaises éventualités d’aujourd’hui. J’espère qu’il en sera de même pour toi pendant ta promenade du soir. Par précaution, je te fais une fourrure de mes baisers.
a « absorbe ».
b « chef-d’œuvres ».
c « guerre ».
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
ils emménagent rue de Clichy. Elle ignore que la liaison avec Blanche, qui n’est plus à leur service, continue.
- 19 févrierQuatrevingt-treize.
- 29 avrilIls emménagent 21 rue de Clichy.
- OctobreMes fils.
