« 19 août 1874 » [source : BnF, Mss, NAF 16395, f. 169], transcr. Véronique Heute, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.d12748e779, page consultée le 01 mai 2026.
Paris, 19 août [18]74, mercredi matin, 8 h.
Cher bien-aimé, comment la nuit, comment la tête et comment le cœur ? That is the questions qui ont bien leur importance pour moi pour régler, d’après la réponse de chacune d’ellesa, le bonheur de toute ma journée. As-tu réalisé ton intention de sortir à la Piperelle1 du jour ce matin ou bien es-tu encore chez toi dormant du sommeil de l’innocence ? Personne à cet égard ne peut me renseigner avant tantôt, ce qui me paraît bien long. En attendant j’ai jeté un coup d’œil sur le mémoire du citoyen Farin qui me paraît à première vue fort exagéré. Il faudra que nous l’épluchions ensemble pour nous en rendre mieux compte. Quant à séparer les façons des fournitures et vice-versa les fournitures des façons, il faut y renoncer, car tout y est mêlé de telle sorte qu’il n’y a aucun moyen de s’en tirer. Le mieux est de faire venir ledit Farin et de régler avec lui, après explication et discussion de chaque chiffre, la somme que tu auras à lui payer. Je m’explique mal, mais l’idée n’est pas mauvaise, je crois, qu’en penses-tu ? N’oublie pas que tu m’as promis de me montrer ta réponse à Mlle Guinault. J’y compte et je t’aime.
1 Synonyme de « poivrette, d’herbe au poivre ».
a « elle ».
« 19 août 1874 » [source : BnF, Mss, NAF 16395, f. 170], transcr. Véronique Heute, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.d12748e779, page consultée le 01 mai 2026.
Paris, 19 août [18]74, mercredi, 4 h. du soir[La lettre est en partie brûlée, d’où plusieurs lectures conjecturales.]
Cher bien-aimé, tu es si adorablement bon pour moi que je sens le besoin à mon tour de n’être pas en reste de générosité envers toi. Permets-moi de débusquer de ton cœur le faux respect humain que tu prends pour de l’amour pour moi et qui n’est au fond que de la pitié pour une pauvre vieille femme [que tu ?] crains de désespérer en [la rem ?]plaçant par une jeune. Ne me dis pas : non. À quoi bon te mentir à toi-même puisque je vais au-devant de cette vérité et que je me sens le courage de la braver, par fierté, par orgueil et par amour ? Je déserte le combat pour lequel je n’ai plus que le ridicule pour arme, mais j’accepte le sacrifice héroïque qui te[Plusieurs mots sont illisibles.] le bonheur. Je[Plusieurs mots sont illisibles.] que l’accepter, je le désire et je le veux et je suis encore assez femme pour que Dieu le veuille aussi. Seulement il faut me laisser faire et te laisser faire sans éclat, sans fausse honte et sans résistance : laisse-moi faire, ami. [J’y travaille ?] pour toi. [Le premier ?] moment d’éton [nement ?] passé, tu me [Plusieurs mots sont illisibles.] avec recon [naissance ?], tu verras. Ne me plains pas, surtout, et sois heureux sans remords. De mon côté, je ressens une sorte de joie grave de faire mon devoir courageusement et tranquillement et pour te prouver combien ma résolution est sérieuse et [définitive ?], à partir de ce [soir ?], [Plusieurs mots sont illisibles.] veux ouvrir aucune [Plusieurs mots sont illisibles.] lettres et je [renonce ?][Plusieurs mots sont illisibles.] celles que tu écriras [Plusieurs mots sont illisibles.] de te savoir[Plusieurs mots sont illisibles.].
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
ils emménagent rue de Clichy. Elle ignore que la liaison avec Blanche, qui n’est plus à leur service, continue.
- 19 févrierQuatrevingt-treize.
- 29 avrilIls emménagent 21 rue de Clichy.
- OctobreMes fils.
