« 11 avril 1874 » [source : BnF, Mss, NAF 16395, f. 77e], transcr. Véronique Heute, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.d9366e386, page consultée le 01 mai 2026.
Paris, 11 avril [18]74, samedi matin, 9 h. ½
Je suis curieuse de savoir si tu seras encore aujourd’hui visité par le Saint-Esprit en personne comme tu l’as été hier. Cette politesse du pigeon au lion est assez rare pour qu’on le remarque. C’est pourquoi je m’intéresse à ce commencement de relation intime entre le Ciel et la Terre. J’arrête ici ma velléitéa de poésie intempestive pour m’occuper du train-train de la maison dont je voudrais t’épargner le souci et l’ennui de tous les instants. Malheureusement je m’y prends si mal que, loin de te les atténuer, je te les rends plus grands et plus fatigantsb qu’ils ne le sont en réalité. Ce matin encore, la chose si simple de recevoir et de payer une provision de bois nous met tous sensc dessus dessousd, on ne sait pas comment ni pourquoi. Quant à moi, je tâche de régler mon pas sur le tien, sans succès. J’ai le chagrin de me l’avouer, et de m’habituer à marcher dans ton trente mille sans arriver à rien d’utile pour ton service. C’est ma faute évidemment, mais j’en souffre autant que si j’en étais la plus innocente, ce qui ne m’empêche pas de signer de mon vrai nom : je t’adore.
a « veilléité »
b « fatiguants »
c « sans »
d « desous »
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
ils emménagent rue de Clichy. Elle ignore que la liaison avec Blanche, qui n’est plus à leur service, continue.
- 19 févrierQuatrevingt-treize.
- 29 avrilIls emménagent 21 rue de Clichy.
- OctobreMes fils.
