« 17 mars 1874 » [source : BnF, Mss, NAF 16395, f. 53], transcr. Véronique Heute, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.d9035e533, page consultée le 01 mai 2026.
Paris, 17 mars [18]74, mardi matin, 8 h.
Pendant que tu dors, mon grand bien-aimé, moi je t’aime, je te souris et je te bénis. Je t’ai entendu toussailler plusieurs fois pendant la nuit et encore ce matin. Tu as peut-être tort d’ouvrir ta fenêtre le soir pendant que tu fais tes préparatifs pour te coucher. Il est vrai que moi qui me tiensa close et couverte, je tousse autant et plus que toi. C’est égal, tu feras bien de ne pas tant t’exposer à l’air froid et humide de minuit. La nouvelle cuisinière est déjà entrée en fonction. J’espère qu’elle FERA, comme on dit en Guernesy, et que, dans aucun cas, nous n’aurons à regretter l’antique Suzanne qui était devenue tout à fait impossible. Je te demanderai, mon cher petit grand homme, d’entrer tout de suite en matière avec ton nouveau cordon-bleu en lui rédigeant une sorte de programme économique comme tu l’entends et dont je surveillerai l’exécution de mon mieux. Du reste, elle me paraît à première vue très convenable et très entendueb et j’espère qu’elle ne te déplaira pas et qu’elle fera bon ménage avec les deux autres servantes. Cela étant, tout ira bien. Je crois que tu es levé. Je vais y aller voir tout de suite.
a « tient ».
b « entendu ».
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
ils emménagent rue de Clichy. Elle ignore que la liaison avec Blanche, qui n’est plus à leur service, continue.
- 19 févrierQuatrevingt-treize.
- 29 avrilIls emménagent 21 rue de Clichy.
- OctobreMes fils.
