« 6 mars 1874 » [source : BnF, Mss, NAF 16395, f. 43], transcr. Véronique Heute, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.d9035e215, page consultée le 01 mai 2026.
Paris, 6 mars [18]74, vendredi matin, 11 h.
Je t’aime toutes voiles dehors, mon cher adoré, ce qui me donne le désir effréné de courir des bordées avec toi à travers le printemps, les fleurs et le renouveau tant que les jambes pourront me porter aujourd’hui. Pour cela, il faudrait que tu puissesa faire une forte infraction à tes habitudes de travail en déjeunant beaucoup plus tôt. Le pourrais-tu ? J’en doute (devant la reine !)1. Mais il suffit que tu approuves cette petite équipée en projet pour me rendre toute joyeuse. Que sera-ce donc si tu veux la réaliser ? En attendant, je me prépare à tout événement : à me résigner si tu ne peuxb pas me faire sortir ou à prendre le bonheur aux dents si, comme je l’espère, tu consens à jeter ta plume au vent pendant quelques heures. Quoi que tu fasses et quoi qu’il arrive, je t’adore.
1 Allusion probable à l’œuvre de Hugo, à élucider.
a « puisse ».
b « peut ».
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
ils emménagent rue de Clichy. Elle ignore que la liaison avec Blanche, qui n’est plus à leur service, continue.
- 19 févrierQuatrevingt-treize.
- 29 avrilIls emménagent 21 rue de Clichy.
- OctobreMes fils.
