2 janvier 1874

« 2 janvier 1874 » [source : BnF, Mss, NAF 16395, f. 2], transcr. Véronique Heute, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.d8580e84, page consultée le 01 mai 2026.

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Pendant que tu dors, mon cher bien-aimé, je te bénis et je demande pour toi à Dieu l’apaisementa de toutes tes tristesses et de longs jours pour voir grandir tes chers petits-enfants et pour leur enseigner les grands devoirs, les grandes vertus et, aussib, les grands bonheurs de la vie. Pour le moment, il est impossible de leur souhaiter, ainsi qu’à toi leur sublime Papapa, plus de santé, plus de gentillesse, plus de beauté, plus d’intelligence et plus de bonté. Que le bon Dieu continue de bénir tous ces précieux germes et qu’il t’accorde la suprême joie de les voir dans tout leur épanouissement. Les lettres de touchante et de respectueuse sympathie continuent d’affluer ainsi que des cartes de tous les points de l’horizon. En ce moment-même, on m’en apporte de nouvelles parmi lesquelles une de Jean Aicardc de Toulon. Je te les remettrai tout à l’heure quandd tu seras levé ainsi que le journal que tu m’as demandé hier. J’espère que ton mal de tête s’est dissipé avec le repos. Mais tu feras bien dans tous les cas de faire une bonne longue promenade à l’air libre si tu peux. Il faut que tu conserves ta chère santé pour toi, d’abord, pour tes deux chers petits-enfants, pour l’humanité et aussi pour moi qui vis en toi, par toi, pour toi, qui t’aime et qui t’adore de tout mon cœur et de toute mon âme.


Notes manuscriptologiques

a « appaisement ».

b « par ainsi » corrigé en « aussi ».

c « Aycard ».

d « qu’en ».


« 2 janvier 1874 » [source : BnF, Mss, NAF 16395, f. 3], transcr. Véronique Heute, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.d8580e84, page consultée le 01 mai 2026.

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Cher adoré, je ne veux pas laisser périmer mon droit annuel au gribouillage et je profite d’un moment où je suis tout à fait seule pour en user à cœur que veux-tu ? Sans vouloir abuser outre mesure de la pluie et du beau temps, il me paraît pourtant difficile que tu fasses ce soir une promenade de trois heures sans mouiller quelque peu le poil de ton chapeau ; quelque malin et quelque gribouille que tu sois, ce TOUR me paraît d’une difficulté impossible à réaliser. Au reste, nous le verrons bien quand tu rentreras à sec de… toile et de bonnes raisons. En attendant, je n’aurais pas mieux demandé que d’inviter madame C. Grisi1 pour jeudi prochain en remplacement du bon Pelleport si cela avait pu se faire sans conserver le chiffre treize que nous abhorrons avec raison. Il faut attendre une autre occasion en se mettant d’avance en garde contre ce chiffre maudit. Pour cette fois, contentons-nous de l’encombrement de douze et aimonsa-nous comme deux qui s’adorent.


Notes

1 Carlotta Grisi (1819-1899), ancienne célèbre danseuse italienne et sœur de la compagne de Théophile Gautier.

Notes manuscriptologiques

a « aim ».

Cette année-là…
?

Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.

ils emménagent rue de Clichy. Elle ignore que la liaison avec Blanche, qui n’est plus à leur service, continue.

  • 19 févrierQuatrevingt-treize.
  • 29 avrilIls emménagent 21 rue de Clichy.
  • OctobreMes fils.