« 5 avril 1866 » [source : BnF, Mss, NAF 16387, f. 92], transcr. Jeanne Stranart, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.d6091e269, page consultée le 01 mai 2026.
Guernesey, 5 avrila[18]66, jeudi matin, 7 h.
Bien qu’il ne soit pas encore l’heure de rien conjecturer de mauvais de ta nuit, mon doux adoré, j’ai peur qu’elle n’ait pas été meilleure que la précédente et je m’en attriste. Tu as tant besoin du repos que tu t’accordes, avec trop de parcimonie, que la moindre lacune dans ce repos indispensable devient une vraie calamité pour ta santé et pour ma tranquillité, surtout dans ce moment où tu as mal à la gorge par excès de travail. Je serais bien heureuse d’apprendre que mes craintes ne sont pas fondées, que ta nuit a été bonne et que tu ne souffresb plus de ta gorge.
En attendant cette bonne nouvelle que je désire autant que je t’aime, j’espère que Mme Chenay va de mieux en mieux. Quant à moi, je n’ai jamais mieux dormi que depuis mes bobos aux doigts et la quantité de BOULETS que j’absorbe ne me fait aucun effet jusqu’à présent. Pourvu qu’ils ne s’avisent pas (les boulets) de me battre en brèche pendant notre promenade, horreur !!! D’y penser, j’en ai la colique. Le prudent aurait été de laisser passer cette discussion (de l’adresse) dans les profondeurs du huis clos et de ne pas affronter le grand soleil, le grand vent et Zozo d’Ems1 aujourd’hui. Mais la carrosse étant tirée, il faut la boire. Buvons-la donc gaiement quoi qu’il advienne et surtout s’il advient….................c !!!
Je ne te dis que ça. Demain ce sera l’arrivée de ton cousin2, flanqué de Duverdier3 et d’un illustre anonyme du NOM de Colin qui a MAILLE AR partir avec la poésie à ce qu’il paraît. Mais cela ne me regarde pas. Pourvu que je puisse t’adorer en prose devant Dieu et devant les hommes, cela me suffit.
1 Jeu de mots sur les eaux d’Ems, station thermale où Hugo et Juliette ont séjourné en 1865.
a « mars ».
b « tu ne souffre ».
c Vingt points courent jusqu’au bout de la ligne.
« 5 avril 1866 » [source : BnF, Mss, NAF 16387, f. 93], transcr. Jeanne Stranart, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.d6091e269, page consultée le 01 mai 2026.
[Guernesey, 5 avril 1866, jeudi matin]1
Merci ! Amour ! Adoration ! Bonheur ! J’ai mesMisérables !
Tu as bien dormi !
Que Dieu soit béni !
5 avril 1866, jeudi matin.
[Adresse]
Monsieur Victor Hugo
1 Le même jour, Hugo lui écrit : « Mon doux ange, merci. Tout est bien. Sois bénie d’avoir bien dormi. Ta santé, c’est ma vie, ta joie, c’est ma lumière. Ne te préoccupe jamais de moi. Je vais admirablement. Fais-en autant de ton côté. Je t’adore. [CFL, t. XIII, p. 903.]
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
ils passent de longues vacances en Belgique.
- 12 marsLes Travailleurs de la mer.
- 15 juinHugo fait déposer chez elle une malle contenant des manuscrits et des inédits.
- 20 juin-10 octobreVacances en Belgique.
- 17 aoûtNaissance de sa petite-nièce Marguerite, fille de son neveu Louis Koch.
