2 septembre 1853

« 2 septembre 1853 » [source : BnF, Mss, NAF 16374, f. 334-335], transcr. Bénédicte Duthion, rév. Florence Naugret, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.d4182e89, page consultée le 01 mai 2026.

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Bonjour, mon cher petit affairé, bonjour mon RARE bien-aimé, bonjour. Je suis en bonne disposition de grogner et de me plaindre ce matin, mais je n’en abuseraib pas, au contraire. Je veux être très AIMABLE, ne fût-ce que pour vous ATTRAPER au propre et au figuré. Nous verrons si ce truc me réussira. En attendant je regarde passer les nuages dans le ciel et votre souvenir dans mon âme. Ces occupations ne sont pas sans charme quoiqu’un peu mélancoliques. Je ne sais pas si vous vous êtes aperçu que vous étiez resté très peu avec moi hier et que vous vous étiez en allé sans m’embrasser ? Quant à moi, je ne m’en suis que trop aperçue et il ne faudra rien moins qu’un bon et grand rabibochage aujourd’hui, pour m’en consoler. Vous n’avez donc pas de temps à perdre pour cela car vous savez que c’est aujourd’hui jour de CHEVAL pour vous et de CHIEN pour moi. Dépêchez-vous de venir si vous ne voulez pas que je sois triste et malheureuse et aimez-moi si vous tenez à mon bonheur.

Juliette


Notes manuscriptologiques

a Juliette avait écrit août, corrigé ensuite en septembre.

b « n’en n’abuserai pas ».


« 2 septembre 1853 » [source : BnF, Mss, NAF 16374, f. 336-337], transcr. Bénédicte Duthion, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.d4182e89, page consultée le 01 mai 2026.

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Je te souris, mon âme, je t’aime mon Toto, je t’adore, mon Victor. Je t’attends sans tristesse et je pense à toi sans amertume. J’ai confiance dans ton amour, je suis heureuse.

Tous les gros nuages de ce matin sont dissipés. Il ne reste plus que le bonheur de t’aimer et d’être aimée de toi. Je suis heureuse, bien heureuse de sentir que je t’appartiens corps et âme. Je suis ravie d’avoir un cher petit portrait1 de plus à aimer et à baiser. Dès que tu pourras me donner ta petite maison2, j’y logerai le trop plein de mon cœur. Jusque là, il faut que je garde tout en moi-même ce qui est assez fort pour une faible FEMME.

Vous savez qu’il est déjà près de 3 h et que vous devez me quitter à 4. Je ne vous dis que cela. C’est à vous d’achever la répartition de ce qui me restera au bout de la journée de joie et de bonheur à ce compte là. En attendant, je vous aime comme si j’étais payée pour cela et je vous souris en toute sécurité. Dépêchez-vous de venir si vous pouvez et de m’aimer dans tous les cas.

Juliette


Notes

1 Portrait de Victor Hugo produit par l’atelier photographique dont les principaux opérateurs sont Charles Hugo et Auguste Vacquerie et qui fonctionne à Marine Terrace depuis la fin de l’été (août 1852) ou l’automne 1852 (novembre).

2 Petite maison : peut-être s’agit-il d’une photographie de Marine Terrace ?

Notes manuscriptologiques

a Juliette avait écrit août, corrigé ensuite en septembre.

Cette année-là…
?

Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.

elle s’inquiète des séances de spiritisme à Marine-Terrace, dont elle est exclue, et qui lui semblent des diableries.

  • 6 septembreArrivée de Mme de Girardin chez les Hugo ; elle va initier ses hôtes aux tables parlantes à partir du 11 septembre.
  • 21 novembreChâtiments.