20 juillet 1874

« 20 juillet 1874 » [source : BnF, Mss, NAF 16395, f. 141], transcr. Véronique Heute, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.d2996e641, page consultée le 01 mai 2026.

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Cher bien-aimé, je ne comprends rien à ce qui vient de se passer sinona que j’en suis furieuse et toute triste. Tu n’avais pas encore eu le temps de sortir de la maison que j’étais à mon poste d’observation et pourtant je ne t’ai vu ni dans le premier, ni dans le second, ni dans le troisième omnibus qui tous les trois avaient beaucoup de places vides. C’était bien la peine de me combler de tant de belles choses pour me faire ce chagrin tout de suite après. Tu as probablement rencontré quelqu’un qui t’a happé au passage, ce qui a modifié ton itinéraire. Enfin quelle queb soit la cause de mon béjaunec1, j’en éprouve un déplaisir aussi vif que le plaisir que tu venais de me donner quelques instants auparavant. J’espère que cette petite mystification s’expliquera tout naturellement tantôt. Jusque-là je tâche de faire contre fortune bon cœur en t’aimant de toute mon âme et en te bénissant comme le plus fidèle, le plus grand et le meilleur des hommes.


Notes

1 « Béjaune » : sottise, ignorance (Littré).

Notes manuscriptologiques

a « si non ».

b « quelque ».

c « bé-jaune ».

Cette année-là…
?

Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.

ils emménagent rue de Clichy. Elle ignore que la liaison avec Blanche, qui n’est plus à leur service, continue.

  • 19 févrierQuatrevingt-treize.
  • 29 avrilIls emménagent 21 rue de Clichy.
  • OctobreMes fils.