« 5 juillet 1874 » [source : BnF, Mss, NAF 16395, f. 127], transcr. Véronique Heute, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.d2996e149, page consultée le 01 mai 2026.
Paris, 5 juillet [18]74, dimanche matin
Cher adoré, je te donne à la fois mon amour grand comme le ciel et mon bonjour grand comme la terre. De cette façon je suis sûre que, quel quea soit le lieu béni où ton âme plane et où tes pieds se posent, ils te rencontrerontb. J’espère que tu as passé une bonne nuit malgré les soucis qui t’assiègent et malgré cette chaleur brûlante. Je ne demanderais pas mieux que d’être gaie ce matin si je ne craignais pas que tu sois triste. Ma gaîté n’est jamais que le reflet de la tienne et mon bonheur l’écho du tien. Par moi-même je ne sais que t’aimer, t’aimer, t’aimer ; c’est ma fonction, c’est ma mission, c’est la tension de tout mon être vers toi. Je ris quand tu ris, je pleure quand tu pleures, je suis heureuse quand tu es heureux. Tâchons d’être heureux ce soir pour fêter le bon Paul Meurice que tu ne saurais trop aimer et trop dignifier. Je regrette que sa pauvre femme ne soit pas de la partie, hélas ! Peut-être ferai-je bien de lui écrire un petit mot bien tendre comme petit bouquet bien joli parce qu’elle adore les fleurs. Tu en décideras toi-même tantôt. Je t’adore.
a « quelque ».
b « rencontrerons ».
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
ils emménagent rue de Clichy. Elle ignore que la liaison avec Blanche, qui n’est plus à leur service, continue.
- 19 févrierQuatrevingt-treize.
- 29 avrilIls emménagent 21 rue de Clichy.
- OctobreMes fils.
