« 8 avril 1853 » [source : BnF, Mss, NAF 16373, f. 359-360], transcr. Bénédicte Duthion, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.d21515e631, page consultée le 02 mai 2026.
Jersey, 8 avril 1853, vendredi matin, 8 h.
Bonjour, mon cher petit bien-aimé, bonjour, mon grand conspirateur, bonjour. JE SAIS TOUT mais ce qu’il faut que vous sachiez une bonne fois pour toutes afin d’empêcher vos jeunes moucherons de se brûler à l’ignoble chandelle de Bonaparte, c’est qu’il ne faut pas qu’ils vous quittenta d’une semelle même pour la photographie la plus avérée1. Ce qui vient de se passer doit vous le prouver de reste si vous n’êtes pas les plus imprudents des pères et des enfants. En attendant je voudrais bien que tu aies des nouvelles d’Hetzel pour que ton cher petit visage s’éclaircisse car voilà plusieurs jours qu’il est triste et inquiet. Pour cela je renonce de grand cœur pour le moment à toute chance de promenade et de plaisir tant je comprends le besoin pour toi d’être fixé sur cette difficile affaire de Belgique. Si je pouvais faire plus pour ta tranquillité, mon pauvre adoré, je le ferais avec le plus tendre empressement pour t’ôter tout souci et te rendre ta douce et charmante gaîté qui est ma joie et mon bonheur.
Juliette
1 Parti à Caen se perfectionner dans la technique photographique auprès d’Edmond BacotCharles eut des démêlés avec la police qui mène des perquisitions. Hugo note dans ses carnets : « Voyage de mon fils Charles à Caen. On vient par deux fois pour l’arrêter comme “faisant partie d’une société secrète” » (CFL, t. VIII, p. 1116).
a « il vous quitte ».
« 8 avril 1853 » [source : BnF, Mss, NAF 16373, f. 361-362], transcr. Bénédicte Duthion, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.d21515e631, page consultée le 02 mai 2026.
Jersey, 8 avril 1853, vendredi soir, 8 h. ½
Cher petit homme, dans le désir de te faire retrouver le véritable emploi des trois cents francs si malencontreusement égarés, j’ai recherché sur mon propre livre de dépense à la date du 5 mars dernier ; voici ce que j’y ai trouvé : mon propre loyer payé d’avance, ce qui m’a fait souvenir que tu m’as dit que tu allais payer le tien le même jour parce que tu étais en retard. Quant à l’argent que tu me devais tu ne me l’as rendu que le vendredi 25 mars. Je te donne tous ces renseignements dans la pensée de préciser tes souvenirs et dans l’espérance de délivrer ta pauvre femme de la supposition d’un double emploi dans sa dépense. Chose fort pénible et fort agaçante si véritablement cela n’a pas eu lieu comme tu le supposes. Du reste le 5 mars coïncidait je crois avec la vente du bazar. Rappelle-toi l’argent que tu as dépensé pour cet objet. Peut-être en cherchant bien dans ta mémoire retrouverais-tu le véritable emploi de ces trois cents francs. Ce que j’en fais et ce que j’en dis, mon Victor adoré, c’est par un sentiment de tendre et vive sollicitude pour tout ce qui te touche dans tes affaires et surtout dans tes affections. Je serais bien heureuse si ces quelques renseignements pouvaienta te mettre sur la vraie trace de ces trois cents francs. En attendant je t’aime de toute mon âme.
Juliette
a « ces quelques renseignement pouvait ».
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
elle s’inquiète des séances de spiritisme à Marine-Terrace, dont elle est exclue, et qui lui semblent des diableries.
- 6 septembreArrivée de Mme de Girardin chez les Hugo ; elle va initier ses hôtes aux tables parlantes à partir du 11 septembre.
- 21 novembreChâtiments.
