30 avril 1853

« 30 avril 1853 » [source : BnF, Mss, NAF 16373, f. 441-442], transcr. Bénédicte Duthion, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.d21515e2037, page consultée le 01 mai 2026.

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Ne vous étonnez pas de l’heure attardée de la RESTITUS car cela tient à la peignerie à fond de ma propre titus. Du reste je ne sais pas pourquoi je me hâterais tant quand vous-même êtes si peu pressé de me satisfaire. Aussi, je n’en prends qu’à mon aise, de la susdite restitus et je vous en donne pour votre amour, tel est mon style. J’ai appris par Suzanne que Charles avait fait quatre chefs-d’œuvrea de vous sur papier1. Votre discrétion sur ces nouvelles merveilles se trouve un peu éventée par la bavarderie de ma servarde. Aussi, je vous conseille de vous en méfier chaque fois que vous voudrez vous cacher de moi, pour quoib que ce soit. Je vous en préviens loyalement, faites-en votre petit profit. Quant aux quatre miracles que vous possédez, la chose m’étant connue, est-ce que vous ne croyez pas utile de m’en donner un ? Je vous assure que, depuis la Madone de Rimini et la sainte Mâchoire de la rue Montorgueil, le besoin s’en fait vivement sentir pour moi. Aussi, je m’adresse à votre divinité pour m’octroyer un peu de cette denrée beaucoup trop rare dans cette île protestante mais bigotec. En attendant, je vous aime comme un simple homme que vous ne serez jamais.

Juliette


Notes

1 Séance de l’atelier photographique de Jersey.

Notes manuscriptologiques

a « chefs-d’œuvres ».

b « pourquoi ».

c « bigotte ».


« 30 avril 1853 » [source : BnF, Mss, NAF 16373, f. 443-444], transcr. Bénédicte Duthion, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.d21515e2037, page consultée le 01 mai 2026.

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L’heure de la poste ne peut plus vous retenir chez vous, mon cher petit bien-aimé, car j’ai vu passer le facteur tout à l’heure et c’est par ici qu’il finit sa tournée de distribution. Donc si vous ne venez pas bientôt, c’est que vous ne le voudrez pas, ce dont je vous aurai une médiocre reconnaissance, si vous le permettez. En attendant, le soleil brille pour mieux faire ressortir l’ombre dans mon cœur mais il a beau faire, le souvenir de notre dernière grande promenade brille encore plus que lui au fond de mon âme et gagne même à la comparaison. Cela ne m’empêchera pas de vous demander un petit bout de chemin tantôt, ne fût-cea que pour en prendre peu à peu l’habitude. Et puis, si tu ne le peux pas, je n’en serai pas moins heureuse et contente pourvu que tu le sois de ton côté.

Pauvre petit homme, je crains que tu n’aies pas reçu la réponse d’Hetzel ni de Vizitelle1 et que ton beau visage ne soit un peu attristé de tous ces contretemps prolongés. Aussi, je ne serai pas exigeante, mon pauvre cher bien-aimé, et je m’effacerai le plus que je pourrai pour ne pas ajouter le poids de ma personnalité à tes ennuis multipliés. Que je te voie et que tu ne sois pas triste et je serai la plus ravie des Juju.


Notes

1 À élucider.

Notes manuscriptologiques

a « fusse ».

Cette année-là…
?

Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.

elle s’inquiète des séances de spiritisme à Marine-Terrace, dont elle est exclue, et qui lui semblent des diableries.

  • 6 septembreArrivée de Mme de Girardin chez les Hugo ; elle va initier ses hôtes aux tables parlantes à partir du 11 septembre.
  • 21 novembreChâtiments.