14 mai 1853

« 14 mai 1853 » [source : BnF, Mss, NAF 16374, f. 39-40], transcr. Bénédicte Duthion, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.d21124e792, page consultée le 04 mai 2026.

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Cher petit homme, j’ai l’esprit encore ébloui des admirables choses que je viens de copier si bien que je n’y vois goutte dans ma pensée et que je suis forcée d’aller à tâtons dans mon cœur pour y prendre mon amour, au risque de te le donner les pieds en hauta, la tête en bas. Mais tu n’y regardesb pas de si près et tu te contentesc de ce pauvre RESTITUS de quelque manière qu’il se présente.

J’aurais voulu faire le petit sac de Charles aujourd’hui, mais je n’en n’ai pas eu le temps. Mais demain, toute affaire cessante et malgré le dimanche, je le lui ferai et il l’aura pour lundi sans faute. En attendant, j’ai mis de côté la séance ossianesque du CORPS DE COUR des États de Jersey. Il est impossible de rien imaginer de plus jersiais et de plus divertissant que cette séance où les regrets du Baillid reviennent à chaque strophe des divers avocats : « La mort de M. Le Sueur est assurément un bien grand malheur pour ceux dont il était l’avocat, et pour la cour aussi ; mais il faut bien que les parties aient des avocats. » Ceci répété à intervalle régulier alterne avec l’autre scie de Maret : « Me prendrait-on pour une machine à ce point que je ne fasse qu’un instrument, un esclave ? » Les plaideurs du tendre Racine ne sont que des mélancoliques comparés aux membres de la cour de cette île folâtre. Je t’ai détaché la chose précieusement et je l’ai mise de côté pour te la donner tout à l’heure. En attendant, j’aurais le droit de trouver que la mort de M. Le Sueur… etc, mais je ne veux pas en abuser, non plus que de ta machine qui n’est pas assez mon instrument et encore moins mon ESCLAVE, ce dont je bisque au moins autant que le Bailli nasillarde.

Juliette


Notes manuscriptologiques

a « hauts ».

b « regarde ».

c « contente ».

d « Bailly ».

e « nazillard ».


« 14 mai 1853 » [source : BnF, Mss, NAF 16374, f. 41], transcr. Bénédicte Duthion, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.d21124e792, page consultée le 04 mai 2026.

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Vous me laissez tout le temps de faire trente-six mille restitus comme si c’était bien utile et bien agréable pour vous. Quant à moi, Dieu sait ce que j’en pense et combien je préfèrerais regarder les effets du soleil couchant sur la montagne avec vous. À défaut…. Ah ! justement vous voici, c’est bien heureux !!! Dans ma précipitation j’en avais mis ma culotte à l’envers

Juliette

Cette année-là…
?

Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.

elle s’inquiète des séances de spiritisme à Marine-Terrace, dont elle est exclue, et qui lui semblent des diableries.

  • 6 septembreArrivée de Mme de Girardin chez les Hugo ; elle va initier ses hôtes aux tables parlantes à partir du 11 septembre.
  • 21 novembreChâtiments.