« 14 octobre 1866 » [source : BnF, Mss, NAF 16387, f. 170], transcr. Jeanne Stranart, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.d19e86, page consultée le 01 mai 2026.
Guernesey, 14 octobre [18]66, dimanche matin, 7 h.
Dormez, mes chères amours, comme dit la chanson1. Moi je t’aime pendant ce temps-là. J’espère que tu as mieux dormi cette nuit que l’autre et que tes petits [illis.] intimes t’auront laissé tranquille. Quant à moi, je dors comme un sabot sans jamais rien entendre, si ce n’est l’aboiement des chiens du voisinage, ce qui prouve en faveur des êtres-esprits qui ne se dérangent pas pour si peu qu’une pauvre bébête comme moi. C’est juste mais humiliant.
Je te gribouille de mon lit où je reste paresseusement et chaudement pendant que mes servantes se préparent à aller à la grand’messe. Tu as vu ma nouvelle recrue ? Elle est bien chétive et bien ignorante des choses du ménage. Je crois que j’aurai beaucoup de peine à la dresser en supposant que sa santé ne s’y oppose pas, ce qui est à craindre. Enfin je vais en essayer.
Tu serais bien gentil de me faire rapporter mes couverts le plus tôt possible. Ils me manquent parce que j’y suis habituée.
Dès que je serai baignée et peignée, nous pourrons sortir soit en voiture soit à pied à ton choix. En attendant je t’adore à poste fixe.
1 Titre et paroles d’une chanson d’Amédée de Beauplan, auteur-compositeur, « Dormez, chères amours » (1819).
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
ils passent de longues vacances en Belgique.
- 12 marsLes Travailleurs de la mer.
- 15 juinHugo fait déposer chez elle une malle contenant des manuscrits et des inédits.
- 20 juin-10 octobreVacances en Belgique.
- 17 aoûtNaissance de sa petite-nièce Marguerite, fille de son neveu Louis Koch.
