« 30 novembre 1853 » [source : BnF, Mss, NAF 16374, f. 500-501], transcr. Bénédicte Duthion, rév. Gérard Pouchain, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.d16288e1151, page consultée le 01 mai 2026.
Jersey, 30 novembre 1853, mercredi après-midi, 4 h.
Cher petit homme, ne fais pas attention à mes gémissements plaintifs parce qu’ils sortent de mon cœur sans amertume contre toi et provoquésa par ton absence que je crois involontaire. Ainsi ne te tourmente pas, viens à ton heure quand tu pourras et sois sûr de me trouver toujours bien heureuse de te voir et t’aimant plus que ma vie. As-tu fini par dîner hier au soir, mon pauvre adoré, et as-tu pu dormir ? Si j’avais cru que tu n’avais pas encore dîné quand tu es venu, mon pauvre petit homme, je t’aurais improvisé à souper et j’aurais eu le double bonheur d’abréger ton jeûne forcé et de te garder plus longtemps. Mais tu as si peu l’habitude de venir hors de tes heures que je n’ai pas songé à te demander si tu avais dîné. Une autre fois, si l’occasion se représente, je ne la laisserai pas échapper aussi bêtement si je peux. En attendant, je t’attends et je te gribouille des lambeaux de billevesées sur des guenilles de papier. Tout cela est digne l’un de l’autre. Mais ce qui JURE avec mon amour, c’est la stupidité qui l’accompagne. Il faut pourtant que j’en prenne mon parti. Tiens, quelle douce surprise, te voilà presque chez moi. Quel bonheur !!!!!
Juliette
a « provoqué ».
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
elle s’inquiète des séances de spiritisme à Marine-Terrace, dont elle est exclue, et qui lui semblent des diableries.
- 6 septembreArrivée de Mme de Girardin chez les Hugo ; elle va initier ses hôtes aux tables parlantes à partir du 11 septembre.
- 21 novembreChâtiments.
