13 septembre 1874

« 13 septembre 1874 » [source : BnF, Mss, NAF 16395, f. 190], transcr. Véronique Heute, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.d13777e497, page consultée le 01 mai 2026.

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Cher bien-aimé, je me contenterai aujourd’hui pour toute joie que tu aies passé une bonne nuit et qu’il n’y ait plus trace de ton petit mal d’entrailles. Mais il faut que cela me soit prouvé… prouvé… prouvé ! En attendant je fais de nécessité vertu en me résignant à me passer de Petit Georges et de Petite Jeanne tous les jours. Je m’étais si bien acoquinée à leur doux voisinage qu’il manque quelque chose à ma vie depuis qu’ils sont partis. Il me prend à chaque instant des envies de courir après eux et de te les ramener de force. Mais il y a quelque chose de plus fort que ma grandeur qui m’attache au rivage où ils ne sont pas, c’est la conviction qu’ils n’ont pas besoin de moi pour être heureux. Cette pensée me feraita prendre patience sans me plaindre si je ne sentais pas que tu es triste de leur absence. Cette conviction m’ôte tout entrain de bonheur car ta joie c’est ma joie et je ne puis être heureuse qu’à travers toi.


Notes manuscriptologiques

a « ferais ».

Cette année-là…
?

Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.

ils emménagent rue de Clichy. Elle ignore que la liaison avec Blanche, qui n’est plus à leur service, continue.

  • 19 févrierQuatrevingt-treize.
  • 29 avrilIls emménagent 21 rue de Clichy.
  • OctobreMes fils.