28 juin 1853

« 28 juin 1853 » [source : BnF, Mss, NAF 16374, f. 183], transcr. Bénédicte Duthion, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.d13499e1956, page consultée le 01 mai 2026.

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Bonjour, mon Victor, bonjour, mon trop aimé, bonjour, je te souris, je te désire et je t’attends. Je souhaite que tu aies aujourd’hui toutes les bonnes nouvelles que tu peux espérer et tout le bonheur que tu mérites. J’ai plus que jamais besoin de te savoir heureux pour me plaire à la vie. Aussi mon Victor, il n’y a pas de minutes dans la journée où je ne sois prête à donner tout mon sang, tout mon cœur et toute mon âme pour assurer ton bonheur.

J’ai la tête un peu malade ce matin, mais cela se dissipera probablement dans la journée. Si tu es libre assez tôt, je te prierai de me faire sortir avant ton dîner. Si tu ne l’es pas je tâcherai de me distraire d’une autre manière. En attendant, je vais très résolument écrire à Dillon tout à l’heure. C’est bien le moins que je lui accuse réception de son journal à cette pauvre enfant. C’est bien malheureux, que ce pays ne puisse pas lui offrir les ressources nécessaires pour vivre. Cela m’aurait fait une CONNAISSANCE toute trouvée. Malheureusement le dilettantisme jersiais n’est pas assez FURIOSO pour faire recette au talent de cette pauvre musicienne. Mais qu’est-ce que cela vous fait à vous, mon pauvre troubadour, cette longue complainte à l’endroit de cette malheureuse fille pourvu que vous jouiez d’autre guitare et que je sois un peu moins stupide qu’à présent.

Juliette


Notes manuscriptologiques

a Chiffre ajouté avant la date, d’une main différente.


« 28 juin 1853 » [source : BnF, Mss, NAF 16374, f. 184], transcr. Bénédicte Duthion, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.d13499e1956, page consultée le 01 mai 2026.

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Tu n’es pas venu ce matin, mon cher petit homme, et tu ne pourras pas venir de bonne heure dans la journée ; tout cela constitue un plaisir médiocre. Cependant je ne t’en veux pas et même je t’approuve de ne t’être pas dérangé de ton travail et de tes affaires puisque cela t’aurait fatigué et interrompu. Et puis je suis un peu souffrante et dans ces moments-là, j’aime la solitude comme les bêtes fauves. Du reste, mon pauvre petit bien-aimé, il fait un temps ravissant comparé à la tempête de ces trois derniers jours. Je ne serais pas étonnée que Télékib te propose de faire demain cette fameuse partie de campagne. À sa place, je n’y manquerais pas car il vaut mieux tenir quelques minutes de beau temps dans cette île impétueuse que de courir après des journées de soleil. Et à ce propos, je vous dirai que c’est aujourd’hui le dernier quartier de cette affreuse lune pluvieuse. Cette nouvelle ne peut pas vous être indifférente, mon cher petit astronome méconnu. Aussi je vous la transmets avec impétuosité.

Que ne puis-je vous transmettre de même tout ce que j’ai de meilleur, de plus tendre et de plus doux dans le cœur. Peut-être comprendriez-vous alors à quel point je vous aime et combien vous êtes ma vie et ma joie.

Juliette


Notes manuscriptologiques

a « Jersais ».

b « Téléky ».

Cette année-là…
?

Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.

elle s’inquiète des séances de spiritisme à Marine-Terrace, dont elle est exclue, et qui lui semblent des diableries.

  • 6 septembreArrivée de Mme de Girardin chez les Hugo ; elle va initier ses hôtes aux tables parlantes à partir du 11 septembre.
  • 21 novembreChâtiments.