« 23 décembre 1853 » [source : BnF, Mss, NAF 16374, f. 534-535], transcr. Bénédicte Duthion, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.d11956e558, page consultée le 01 mai 2026.
Jersey, 23 décembre 1853, vendredi après-midi, 3 h.
Quoi que je dise et même quoi que je fasse, mon pauvre trop aimé, je ne pourrai jamais t’aimer moins que plein mon cœur et plein mon âme. Ceci est ma mesure matérielle et spirituelle. Du reste, mon cher petit homme, il te serait bien facile avec un peu d’adresse de ta part d’éviter les épines de ma stupidité au lieu de passer à travers comme tu le fais trop souvent malgré mes officieux avertissements. Une autre fois vous profiterez de mes bons conseils et vous vous soustrairez par une prompte fuite à mes ridicules et monstrueuses exigencesa. En attendant, je vous permets de rester chez vous les pieds sur les chenets et même si vous y trouver du plaisir à patauger sur les grands chemins qui mènent chez les petites cocottes grassouillettes de la proscription. Moi, pendant ce temps là, je vous plume des restitus tout vifs et je broie l’amour à mort. En vérité, mon cher petit Toto, il faut que vous soyez bien blasé sur l’esprit et la fleur d’oranger pour trouver du plaisir à respirer cette senteur d’ineptie et de balayure…
La suite au prochain numéro.
a « exigence ».
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
elle s’inquiète des séances de spiritisme à Marine-Terrace, dont elle est exclue, et qui lui semblent des diableries.
- 6 septembreArrivée de Mme de Girardin chez les Hugo ; elle va initier ses hôtes aux tables parlantes à partir du 11 septembre.
- 21 novembreChâtiments.
