« 18 décembre 1853 » [source : BnF, Mss, NAF 16374, f. 528-529], transcr. Bénédicte Duthion, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.d11956e483, page consultée le 01 mai 2026.
Jersey, 18 décembre 1853, dimanche soir, 4 h.
À quoi je passe mon temps ? Je ne saurais le dire, mon pauvre doux adoré, mais je sais à quoi j’emploie mon cœur et mon âme : à t’aimer et à t’adorer depuis un bout de ma vie jusqu’à l’autre. Aussi mon cher petit homme, les RESTITUS sont d’autant plus vides que mon cœur est plein, car à force de t’aimer intérieurement, j’oublie bien souvent de déverrouillera mon amour pour lui laisser la liberté de gambader à son aise dans les champs de la restitus et les broussailles du gribouillis. Du reste, il en est de lui comme de moi, il ne comprend le bonheur qu’avec toi, comme je ne vis qu’en toi, par toi, et pour toi.
J’espérais que tu viendrais de bonne heure aujourd’hui, mais Suzanne me dit que tu parais absorbé dans tes papiers et très peu disposé à sortir. Je le regrette doublement, mon pauvre bien-aimé, car outre la privation de te voir, j’ai le tourment de te savoir sans feu dans ta chambre humide. Vraiment, mon pauvre adoré, tu as tort de ne pas faire faire de feu dans ce moment – ci de l’année. Si tu M’APPARTENAIS j’en ferais malgré toi et de force. Mais, hélas ! Je n’ai le droit que de vous adorer et dont j’abuse affreusement.
Juliette
a « déverouiller »
« 18 décembre 1853 » [source : BnF, Mss, NAF 16374, f. 530-531], transcr. Bénédicte Duthion, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.d11956e483, page consultée le 01 mai 2026.
Jersey, 18 décembre 1853, dimanche soir, 4 h.
Abondance de restitus ne nuit pas, peut-être, mais j’aimerais mieux pour mon goût un peu moins de pattes de mouches et un peu plus de vos chers petits pieds. Mais, j’ai beau dire et beau faire, je ne peux pas vous faire avancer d’un pas plus vite. Il faut, bon gré mal gréa, que je vous attende autant qu’il vous plaît et que je me contente du peu de temps que vous me donnez. C’est à quoi je m’applique, mon cher petit bien-aimé, sans y réussir toujours. Aujourd’hui, pourtant, je me sens en fonds de courage et de confiance. J’ai l’impatience de te voir, c’est-à-dire de mon bonheur, mais sans amertume et sans défiance. Je sens que je t’aime jusqu’à te forcer à m’être fidèle et que je t’adore jusqu’à te donner l’envie de m’aimer. Si je me trompe, tu ne peux pas t’en plaindre. Mais si je suis dans le vrai, je suis la plus heureuse des femmes et je laisse à Dieu ma part de son paradis qui ne m’est plus nécessaire.
Juliette
a « malgré ».
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
elle s’inquiète des séances de spiritisme à Marine-Terrace, dont elle est exclue, et qui lui semblent des diableries.
- 6 septembreArrivée de Mme de Girardin chez les Hugo ; elle va initier ses hôtes aux tables parlantes à partir du 11 septembre.
- 21 novembreChâtiments.
