13 janvier 1874

« 13 janvier 1874 » [source : BnF, Mss, NAF 16395, f. 14], transcr. Véronique Heute, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.d10845e843, page consultée le 06 août 2026.

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Cher bien-aimé, je vous ai suivi des yeux jusqu’au tournant de ma ruea comme je le faisais AUTREFOIS ; seulement, vous, vous ne vous êtes pas retourné pour me faire un petit signe tendre comme AUTREFOIS. Qu’est-ce que cela prouve ??? J’aime mieux pas de réponse à ces trois points d’interrogationb qui ont la forme de cocottes fermesc sur leurs ergots. Je détourne les yeux pour ne pas voir et ne pas comprendre la réponse hiéroglyphiqued qu’ils contiennent probablement. Je veux absolument croire à ton amour sincère, loyal, honnête et vertueux comme le mien. Maintenant, en dehors de moi et de nous, je crois que tu feras bien de te débarrasser peu à peu de toutes ces coureuses de goussets et de culottes qui rôdent autour de toi comme des chiennes inassouvies. La réunion de ta maisone avec celle de ta belle-fille t’en fait presque une nécessité1. Si je me trompe mets que je n’ai rien dit, sinon que je t’adore. Il me semble aussi que tu ferais bien de rendre une visite le plus tôt possible à Mme J. Simon2. Je suis sûre qu’elle y sera très sensible et comme femme et comme ALLIÉE3. Tu n’as déjà pas tant d’auxiliairesf féminins sur lesquels tu puissesg compter pour négliger celui-là qui s’offre de lui-même à toi. Encore une fois, si je me trompe et si je rabâche pardonne-le moi en faveur du motif qui est que je t’aime [illis.].


Notes

1 Victor Hugo écrit dans ses Carnets le lendemain : « Je suis allé voir rue de Clichy, 21, deux appartements sur l’indication d’Alice (5 500 francs). » (Carnets manuscrits 1874, 14 janvier ; BnF, Mss, NAF 13478, f. 21r).

2 Le 14 janvier, Victor Hugo écrit : « Nous nous sommes croisés, Mme Jules Simon et moi. Elle est venue chez moi pendant que j’allais chez elle. » (Ibid.).

3 Mme Jules Simon est la mère adoptive de la belle-fille de Victor Hugo, Alice, c’est-à-dire Mme Charles. Alice demeure « rue Drouot » (Carnets manuscrits 1874, 1er janvier ; ibid, f. 9). Depuis le 10 janvier précédent, Victor Hugo a « le rez-de-chaussée de la rue Pigalle. Mariette y couche. Suzanne couche en haut. » (Carnets manuscrits 1874, 12 janvier ; ibid., f. 21r).

Notes manuscriptologiques

a Le signe + est apposé entre les deux lignes.

b « interrogations ».

c « ferment ».

d « hiéroglyhique ».

e « Le signe + est apposé entre les deux lignes. »

f « d’auxilliaires ».

g « puisse ».

Cette année-là…
?

Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.

ils emménagent rue de Clichy. Elle ignore que la liaison avec Blanche, qui n’est plus à leur service, continue.

  • 19 févrierQuatrevingt-treize.
  • 29 avrilIls emménagent 21 rue de Clichy.
  • OctobreMes fils.