19 août 1875

« 19 août 1875 » [source : BnF, Mss, NAF 16396, f. 216], transcr. Véronique Heute, rév. Jean-Marc Hovasse, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.d10747e660, page consultée le 06 août 2026.

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Cher bien-aimé, je n’ai de bon en moi et à moi que mon amour et je te le donne tout entier. Quant au reste il ne vaut pas la peine qu’on le ramasse avec des pincettes. Mais toi, mon adoré, comment as-tu supporté l’orage de cette nuit ? T’en es-tu aperçu seulement, j’espère bien que non pour l’honneur de ta belle santé et pour ma satisfaction personnelle. J’espère aussi que ton quasi écrasement d’avant-hier est tout à fait remis et effacé aujourd’hui1. Il le faut pour avoir le courage d’affronter ton courrier de ce matin. Je ne parle pas de celui de tes chers petits-enfants et de leur charmante mère mais d’Hugelmanna, mais d’une maîtresse folle qui t’envoie le chargement d’un âne de tous ses malheurs faux ou vrais. Puis des brochures à foison et enfin, pour la bonne bouche, la réponse du docteur Sée qui viendra dîner ce soir. Puis enfin pour moi un ravissant portrait de Georges avec un petit mot d’envoi tout à fait tendre, ce dont je le remercie à travers toi que j’adore2.


Notes

1 Dans ses Carnets, le poète décrit ce qui s’est passé le 16 août 1875 ainsi que les conséquences : « Chute. Peu de mal. Une écorchure au genou ; pantalon déchiré ; des douleurs çà et là dans le corps, que je crois purement musculaires. C’est un imbécile, descendant de l’impériale, qui s’est laissé tomber sur moi. Il n’a pas eu de mal non plus. » (CFL, t. XV-XVI/2, p. 860). Puis, le 17 août 1875, il ajoute : « Ce matin, je me sens bien, sauf quelques douleurs dans la région intercostale. Hier, en rentrant, j’ai fait sur le torse et les reins une ablution d’eau froide qui a réussi. » (Ibid.). Le 18, « je suis encore courbaturé. » (Ibid.), pour conclure le 9 septembre par « la courbature de ma chute du 16 août est finie. Elle a duré trois semaines. » (Ibid., p. 861). Victor Hugo racontera cet accident à ses petits-enfants dans sa lettre du 5 septembre 1875 adressée à sa belle-fille Alice : « Le 16 août, en descendant d’omnibus, écoute, Georges, écoute, Jeanne, il m’est tombé un gommeux sur la tête. C’était si épatant que je me suis épaté, mais, n’ayant que les côtes enfoncées et quelques dents et quelques yeux de moins, je me suis relevé en courant et je suis rentré à la maison sans rien dire. » (Ibid., p. 528).

2 Le 15 août précédent, Victor Hugo notait : « Bonnes nouvelles d’Aix-les-Bains. Alice m’adresse le portrait de Georges ; il mange trois côtelettes crues par jour. » (Ibid., p. 860).

Notes manuscriptologiques

a « Hgelman ».

Cette année-là…
?

Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.

ils font un bref séjour à Guernesey pour récupérer des affaires.

  • 19-28 avrilSéjour à Guernesey.
  • 4 octobreIls vont sur la tombe de Claire à Saint-Mandé.