« 2 mai 1850 » [source : MVH, α 9073], transcr. Nicole Savy, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.d10372e122, page consultée le 01 mai 2026.
2 mai [1850], jeudi matin, 8 h.
Bonjour, mon petit bien-aimé, bonjour, mon Toto, bonjour, mon cher petit cynique, bonjour. On m’a encore fait des avanies à cause de vous hier au soir. Il paraît que vous avez encore fait votre toilette aux yeux des pas…-- SAUTER
J’ai promis que j’enverrais la police à vos trousses mais en même temps j’ai demandé pourquoi les susdites passantes élevaient leurs timides et chastes regards vers les croisées d’un grand homme pour y surprendre les secrets de son déshabilléa. Une autre femelle qui remarque à quelle heure il fait jour chez vous m’a dit qu’hier : vous n’avez fait ouvrir vos rideaux qu’à neuf heures. Je voudrais bien savoir pourquoi vous aviez besoin d’un si long repos ? Non pas que je vous l’interdise, mais je voudrais savoir le POURQUOI. Enfin, vous voyez, mon amour, que votre maison, sans être de verre, est assez transparente pour laisser passer tous les regards, même les plus indiscrets. Je vous conseille de vous en défier et de vous entourer de persil le plus possible à défaut de feuilles de vigne.
Maintenant dormez et tâchez de ne pas montrer vos nudités aux femmes et aux filles du quartier. Baisez-moi, ça vaudra mieux et ce sera moins scandaleux.
Juliette
a « déshabiller ».
« 2 mai 1850 » [source : MVH, α 9074], transcr. Nicole Savy, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.d10372e122, page consultée le 01 mai 2026.
2 mai [1850], jeudi matin, 11 h.
Je recommence imperturbablement la même plaisanterie de la toilette de midi pour quatre heures. Je ne veux pas manquer une seule des mystifications qu’il vous plaira de l’infliger aussi je serai prête à midi ½ quoi qu’il arrive.
J’ai reçu une seconde lettre d’Eugénie qui insiste de plus en plus pour que nous allions à Rouen, comme s’il suffisait dea son insistance pour lever les difficultés insurmontables qui s’opposent à cette excursion. Je vais lui répondre comme la première fois. Seulement elle m’a donné dans sa lettre une commission dont je ne peux pas me charger, celle de proposer à des dames amies de Mme de Montferrier de garder sa chienne, prête à mettre bas, pendant le temps que son fils qu’elle demande auprès d’elle passera à Rouen, c’est-à-dire huit ou dix jours. Je ne sais pas si entre AMATEUSES de chiens ces propositions se font et s’acceptent mais quant à moi je ne me charge pas de les transmettre. Il y a une chose qui me contrarie c’est que ce pauvre petit diable de Jules ne puisse pas partir à cause de cet empêchement. Il m’est impossible de songer de mon côté à m’en charger à cause de Fouyou.
Mais je m’aperçois que cette lettre de chien est une chienne de lettre car il me reste à peine assez de papier pour te baiser sur toutes les coutures. Et pourtant Dieu sait que je donnerais tous les chiens du monde y compris les hommes pour un seul baiser de toi.
Juliette
a « de » répété par inadvertance.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
Hugo compose de nombreux dessins dans l’atelier qu’il a installé chez elle
- 15 janvierDiscours de Hugo sur la liberté de l’enseignement.
- 5 avrilDiscours de Hugo contre la déportation.
- 18 maiAngelo tyran de Padoue est repris pour 14 représentations et 5 en 1851. La distribution est la suivante : Beauvallet est toujours Angelo, Maillart remplace Geffroy dans Rodolfo, Maubant remplace Provost dans Homodei. Les deux sœurs Félix jouent respectivement Catarina (Rebecca) et la Tisbé (Rachel).
- 21 maiDiscours de Hugo sur le suffrage universel.
- 9 juilletDiscours de Hugo sur la liberté de la presse.
- 4 décembreHugo, qui souffre de maux de gorge depuis plusieurs mois, se fait opérer de la luette.
