28 septembre 1836

« 28 septembre 1836 » [source : BnF, Mss, NAF 16327, f. 365-366], transcr. Nicole Savy, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.8937, page consultée le 27 janvier 2026.

L’amour, mon cher bien-aimé, c’est comme le soleil dans le ciel. Il peut bien être obscurci un jour par un nuage noir mais il n’en reparaît que plus rayonnant après. C’est ce que je ressens ce matin. Je t’aime plus que jamais, et jamais je crois que je ne me suis trouvée plus heureuse. Jamais mon amour ne s’est montré plus vif et plus radieux qu’aujourd’hui. Bonjour mon cher petit Toto, vous êtes ma joie.
Dites donc mon cher petit homme, vous devriez bien me faire sortir aujourd’hui. Il fait un temps ravissant, nous nous promènerions si heureux que vous feriez joliment bien de venir me chercher. Je vais donc me dépêcher de faire mes quatre tours1 pour m’habiller bien vite.
D’ici là je vous aime de tout mon cœur et je baise bien vos petites mains blanches.

Juliette


Notes

1 Faire tout mon possible, me mettre en quatre.


« 28 septembre 1836 » [source : BnF, Mss, NAF 16327, f. 367-368], transcr. Nicole Savy, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.8937, page consultée le 27 janvier 2026.

Mon cher petit Toto, je n’ai fait que des sottises aujourd’hui, plus bêtes et plus grosses que l’éléphant de la Bastille. Je m’en accuse et qui plus est je m’en repens. J’en suis d’autant plus humiliée que cela vous a donné l’occasion de déployer toute la magnanimitéa de votre cœur et toute la supériorité de votre esprit, ce qui est infiniment vexant pour votre pauvre Juju. Cette soupe aux [lions ?], cette supé… riorité, puisqu’il faut l’écrire, m’est très désagréable et j’aimerais autant qu’il en soit tout le contraire. Enfin c’est un malheur que je tâcherai de supporter avec toute la philosophie dont je suis susceptible, c’est-à-dire en rageant de toutes mes forces et en faisant la grimace à la Providence qui se mêle de ce qui ne la regarde pas. Et puis cela me procure l’effroyeux plaisir d’être obligée de vous ADMIRER AUTANT QUE JE VOUS AIME. C’EST GENTIL.


Notes manuscriptologiques

a « magnagnimité ».

Cette année-là…
?

Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.

elle refuse un engagement à la Porte-Saint-Antoine. Hugo l’emmène en voyage en Normandie et en Bretagne, où elle revoit Fougères, sa ville natale.

  • JanvierElle refuse un engagement au Théâtre de la Porte-Saint-Antoine.
  • 8 marsElle emménage au 14 rue Sainte-Anastase.
  • 23 marsHugo donne une mèche de ses cheveux à Juliette.
  • 26 marsReprise d’Angelo tyran de Padoue à la Comédie-Française. Marie Dorval joue la Tisbe, Mlle Volnys joue Catarina.
  • 15 juin-21 juilletVoyage avec Hugo en Normandie. Le 22 juin, étape à Fougères où elle n’était pas revenue depuis l’enfance.
  • 14 novembreLa Esmeralda à l’Opéra (musique de Louise Bertin, fille de Bertin aîné, sur un livret de Hugo).
  • 8 décembreMort en bas âge de son neveu Michel-Ernest Koch.