25 octobre 1858

« 25 octobre 1858 » [source : Bnf, Mss, NAF16379, f. 302], transcr. Anne-Sophie Lancel, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.5776, page consultée le 24 janvier 2026.

Je suis triste, mon bien-aimé, de la pensée de mon injustice envers toi et je ne sais comment t’en demander pardon et surtout comment te faire oublier ce mouvement d’impatience dont je n’ai pas pu être maîtresse… Mais te voilà et la difficulté va cesser de moitié car un bon baiser donné du fond de mon âme sera plus éloquent pour exprimer mon regret et pour obtenir mon pardon que toutes les pattes de mouches du monde, quelquea barbouillées d’encre qu’elles soient. Je vois que tu es encore souffrant ce soir, mon pauvre petit homme, ce qui redouble en moi le remords de t’avoir tourmenté si follement. Pauvre, pauvre cher adoré, je suis bien punie pour où j’ai péché et je suis peut-être encore plus à plaindre qu’à blâmer. En attendant que tu me pardonnesb dans ton cœur comme tu m’as déjà pardonné de la bouche, je te prie de ne pas me donner un éloge qui ressemble presque à de l’ironie, mon caractère étant malheureusement donné. Je t’aime, mon Victor, et n’ai aucun mérite à me dévouer à toi qui es ma vie, ma joie, ma lumière et mon bonheur. Mais j’ai le plus grand tort de gâter mon amour par des emportements injustes et odieux. Pardonne-moi et aime moi toujours si tu peux.


Notes manuscriptologiques

a « quelques ».

b « pardonne ».

Cette année-là…
?

Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.

Hugo réchappe d’un grave anthrax, qui l’immobilise et l’empêche de voir Juliette, follement inquiète, pendant plusieurs semaines.

  • 11 avrilJuliette Drouet visite Hauteville-House. Expérience déprimante.
  • 3 juillet-4 octobreHugo est atteint d’un grave anthrax qui manque de l’emporter. Pendant des jours, Juliette est privée de sa vue, et obtient de ses nouvelles via les servantes, et leur médecin qui l’informe.