24 octobre 1858

« 24 octobre 1858 » [source : Bnf, Mss, NAF16379, f. 301], transcr. Anne-Sophie Lancel, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.5775, page consultée le 26 janvier 2026.

Bonjour, mon cher bien-aimé ; bonjour, beau jour, bonheur pour toi, voilà mon souhait ce matin et j’espère que Dieu le réalisera tout entier. Je viens de faire une nouvelle combinaison de table pour qu’elle tienne moins de place. Je ne sais pas si j’y serai parvenue, il est difficile de concilier à la fois les besoins domestiques, l’étude et le décorum dans une seule chambre pas très grande. Aussi, j’ai beau m’ingénier, la chambre à coucher, le salon et le CABINET se brouillent et se cognent à qui mieux mieux et j’ai toutes les peines du monde à me tirer de ce tohu-bohu. Heureusement que j’ai du temps à donner à tout ce remue-ménage perpétuel car sans cela, il n’y aurait aucun moyen de s’y reconnaître. Il en est encore pire de mes gribouillis et je doute que tu puissesa y rien comprendre, pas plus pour les mots que pour le sens ; moi-même je ne me reconnais plus dans ce fouillis de pattes de mouches enchevêtrées l’une dans l’autre d’une façon inextricable et inintelligible. Le seul mot pour lequel je voudrais avoir une BELLE MAIN, tu le sais par cœur, mon cher petit homme, et je ne t’apprends rien en l’écrivant : je t’aime, je t’aime, je t’aime et je te défie de me prouver le contraire.


Notes manuscriptologiques

a « puisse ».

Cette année-là…
?

Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.

Hugo réchappe d’un grave anthrax, qui l’immobilise et l’empêche de voir Juliette, follement inquiète, pendant plusieurs semaines.

  • 11 avrilJuliette Drouet visite Hauteville-House. Expérience déprimante.
  • 3 juillet-4 octobreHugo est atteint d’un grave anthrax qui manque de l’emporter. Pendant des jours, Juliette est privée de sa vue, et obtient de ses nouvelles via les servantes, et leur médecin qui l’informe.