« 30 novembre 1836 » [source : BnF, Mss, NAF 16328, f. 191-192], transcr. Claudia Cardona, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.10148, page consultée le 13 mai 2026.
30 novembre [1836], mercredi, midi ¼
Bonjour, mon cher adoré, m’aimez-vous un peu ce matin ? Vous étiez bien froid hier
au soir. Peua s’en est fallu que je
croie que vous ne m’aimiez [plus ?] et que mon amour vous était
importun.
Heureusement pour moi que j’ai une foi féroce en vous, ce qui fait que je ne lâche pas facilement prise sur le genre
de sentiment que je suis censéeb vous
inspirer.
Je vous aime mon petit Toto chéri, je pense à vous toujours.
J’ai rêvé de vous cette nuit : j’étais bien heureuse. Pauvre
ange adoré, je me reproche cettecapparence de bonheur quand je pense que toi, mon cher adoré,
tu travaillais pour moi malgré tes pauvres yeux malades. Oui mon chéri, je me reproche
jusqu’au sommeil que je prends quand je pense que toi, tu ne prends un repos ni trêve.
« Quel dévouement que le vôtre, GILBERT, vous travaillez nuit et jour pour moi,
etc.1 » Oui, mais aussi quel amour que le mien, mon Victor adoré ! Plus rien dans le
monde ne saurait détourner ma pensée de toi d’une seconde. Je t’aime.
Juliette
1 Réplique de Jane (dont Juliette Drouet tenait le rôle lors de la Première) à l’ouvrier Gilbert, dans Marie Tudor.
a « peut ».
b « sensée ».
c « cet ».
« 30 novembre 1836 » [source : BnF, Mss, NAF 16328, f. 193-194], transcr. Claudia Cardona, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.10148, page consultée le 13 mai 2026.
30 novembre [1836], mercredi soir, 5 h.
Eh ! bien, vous êtes ravissant de venir souper avec moi, et je vous aime encore plus
pour cette bonne grâce. Vous êtes deux fois mon Toto adoré
depuis les pieds jusqu’à la tête.
Jourdain est venu, il a vu tous les morceaux, il pense que cela fera des sièges
admirables, je lui ai bien recommandé ta chaise, il enverra prendre les bois demain
ou
après et il nous enverra les premiers jours de la semaine tous les sièges finis. Il
m’a aussi parlé de [Rouveix ?], je te conterai cela en détail.
Je
suis très contente, mon petit TOTO. En attendant que je sois
très heureuse ce soir. N’oubliez pas que vous m’avez promis
de venir me donner l’heure des coups de feu. Je vais faire
mes comptes de fin de mois et je vous les offrirai ce soir dans un plat d’or et à
genoux.
Vous auriez bien dû m’emmener avec vous courir les rues et les
boulevards ; j’aurais été avec vous au moins et puis cela me fait tant de bien
d’accrocher ma personne à votre cher petit bras.
C’est égal, puisque vous venez
ce soir, je ne me plains pas, je me trouve très heureuse comme cela je vous aime.
J.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
elle refuse un engagement à la Porte-Saint-Antoine. Hugo l’emmène en voyage en Normandie et en Bretagne, où elle revoit Fougères, sa ville natale.
- JanvierElle refuse un engagement au Théâtre de la Porte-Saint-Antoine.
- 8 marsElle emménage au 14 rue Sainte-Anastase.
- 23 marsHugo donne une mèche de ses cheveux à Juliette.
- 26 marsReprise d’Angelo tyran de Padoue à la Comédie-Française. Marie Dorval joue la Tisbe, Mlle Volnys joue Catarina.
- 15 juin-21 juilletVoyage avec Hugo en Normandie. Le 22 juin, étape à Fougères où elle n’était pas revenue depuis l’enfance.
- 14 novembreLa Esmeralda à l’Opéra (musique de Louise Bertin, fille de Bertin aîné, sur un livret de Hugo).
- 8 décembreMort en bas âge de son neveu Michel-Ernest Koch.
