« 26 novembre 1836 » [source : BnF, Mss, NAF 16328, f. 177-178], transcr. Claudia Cardona, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.10144, page consultée le 05 mai 2026.
26 novembre [1836], samedi soir, 4 h. ¼
Mon cher petit Toto, je t’aime, mon cher petit Toto vous êtes ravissant. Mon grand
Toto, vous êtes adorable à force de bonté. Vous daignez me parler à moi, vous
remplissez mes oreilles des choses les plus charmantes et les plus sublimes. Vous
prenez mon amour et mon admiration par tous les sens. Si j’osais je me mettrais à
genoux devant vous.
À peine êtes-vous partis que j’ai grande hâte de vous
revoir. Je ne saurais avoir, je ne dis pas du bonheur mais seulement du calme et de
la
vie sans vous.
Voici qu’on m’apporte une lettre de Mme Krafft apportée par elle-même. Tu
la décachèteras bien entendu, je se suis pas du tout pressée de lire ses élucubrations (comme tu appelles ça).
Je t’aime tant,
mon cher petit homme, que je voudrais être tous ce qui te sert, tout ce que tu
touches, tout ce que tu vois et tout ce que tu aimes pour ne te quitter jamais ni
du
corps, ni de la pensée, ni de l’âme.
Tous les baisers que je n’ai pas pu te
donner ce matin, je te les envoie du cœur.
Juliette
« 26 novembre 1836 » [source : BnF, Mss, NAF 16328, f. 179-180], transcr. Claudia Cardona, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.10144, page consultée le 05 mai 2026.
26 novembre [1836], samedi soir, 4 h. ¾
Il me semble toujours qu’il me reste encore beaucoup de choses à te dire. C’est que
mon cœur est inépuisable. Mais en réalité après que je t’ai dit : je t’aime, j’ai tout dit et je n’ai plus qu’à recommencer. Je vous aime mon
Toto bien aimé. Je voudrais bien que vous n’ayez pas de visites ce soir et que vous
vous sentiez trop fatigué pour travailler parce qu’alors vous auriez peut-être le
bon
esprit de venir vous reposer auprès de moi, ce qui
m’arrangerait très fort. D’autant plus que je vous vois trop peu.
J’ai eu tantôt
l’occasion de faire à ma bonne quelques reproches ; elle m’a répondu comme à son
ordinaire, c’est-à-dire fort bêtement et fort grossièrement.
Je suis quant à moi
décidée à ne pas la garder, à moins que tu ne juges nécessaire de
tolérer encore ses impertinences. Tu verras.
Je vous aime mon Toto, moi
seulea le sait mais je vous aime,
allez.
J’ai toujours un grand mal de tête pour n’en pas perdre l’habitude. Il
est vrai que le temps est favorable pour cela. À bientôt je l’espère. En attendant
je
vous baise par devant, par derrière, à l’endroit, à l’envers, enfin partout.
J.
a « seul ».
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
elle refuse un engagement à la Porte-Saint-Antoine. Hugo l’emmène en voyage en Normandie et en Bretagne, où elle revoit Fougères, sa ville natale.
- JanvierElle refuse un engagement au Théâtre de la Porte-Saint-Antoine.
- 8 marsElle emménage au 14 rue Sainte-Anastase.
- 23 marsHugo donne une mèche de ses cheveux à Juliette.
- 26 marsReprise d’Angelo tyran de Padoue à la Comédie-Française. Marie Dorval joue la Tisbe, Mlle Volnys joue Catarina.
- 15 juin-21 juilletVoyage avec Hugo en Normandie. Le 22 juin, étape à Fougères où elle n’était pas revenue depuis l’enfance.
- 14 novembreLa Esmeralda à l’Opéra (musique de Louise Bertin, fille de Bertin aîné, sur un livret de Hugo).
- 8 décembreMort en bas âge de son neveu Michel-Ernest Koch.
