16 janvier 1873

« 16 janvier 1873 » [source : BnF, Mss, NAF 16394, f. 15], transcr. Maggy Lecomte, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.2242, page consultée le 07 août 2026.

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Pour une vraie heure, c’est une vraie heure, pour une belle heure, c’est une belle heure, pour un beau jour, c’est un beau jour, pour un bonjour, c’est un bonjour, pour de l’amour, c’est de l’amour, pour un adoré bien-aimé, c’est un adoré bien aimé, pour un grand Pouillet1, c’est un grand Pouillet, pour un grand Tout, c’est un grand Tout !
C’est donc bien vrai que tu as passé une very good nuit, mon grand petit homme ?
J’en suis si contente que j’en suis heureuse, tout du long de moi, comme dit Suzanne. À ce sujet, j’ai été obligéea de la faire décrépir du lit pour te porter ton petit œuf que j’avais encore oublié, au milieu du brouhaha des Marquand, de te faire emporter hier soir. Te sera-t-il arrivé à temps ce matin, pour le gober séance tenante ? J’en doute… devant la reine enfin j’ai fait ce que j’ai pu pour cela ; c’est quelque chose, mais ce n’est pas assez.
Cher bien-aimé, à la joie de t’avoir vu tout à l’heure ajoute le bonheur de penser que tu as bien dormi et que tu te portes bien. Je n’aurais rien de plus à demander [à] Dieu pour aujourd’hui s’il t’envoie de bonnes nouvelles de tes chers enfants petits et grands. J’espère qu’il exaucera ce dernier vœu comme il l’a fait des deux autres et que ton bonheur comme le mien ne laissera rien à désirer si ce n’est sa continuation indéfinie.
J’étais à mon poste depuis près d’une heure quand tu as paru sur ton toit. À peine si je pouvais me guider dans ma chambre à la petite petiteb lueur de l’aube dans l’intérieur des maisons du voisinage, toutes les chandelles étaient encore allumées. Tu vois que je monte des gardes sérieuses et que je ne vole pas le bonheur de te voir chaque fois qu’il m’arrive comme ce matin. Je ne m’en plains pas, au contraire, et j’en monterais bien d’autres, et de plus longues encore, pour que tu m’aimes autant que je t’aime et pour que tu n’aimes que moi comme je n’aime que toi.


Notes

1 À élucider.

Notes manuscriptologiques

a « obligé ».

b Il est impossible de savoir si la répétition est volontaire ou non.

Cette année-là…
?

Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.

ils rentrent à Paris après la fin de l’écriture de Quatrevingt-treize. Épuisée par les infidélités de Hugo et le soupçon, elle disparaît quelques jours, pendant lesquels il est au désespoir. François-Victor, second fils de Hugo, meurt d’une tuberculose rénale.

  • 10 févrierReprise de Marion de Lorme au Théâtre-Français.
  • 1er juilletBlanche quitte Guernesey.
  • 12 juilletBlanche revient secrètement.
  • 21 juilletBlanche repart pour Paris.
  • 31 juilletHugo et Juliette Drouet arrivent à Paris.
    Blanche avoue à Hugo l’avoir trompé. Il lui pardonne.
  • 14 aoûtPaul Meurice est démis de ses fonctions de rédacteur en chef du Peuple Souverain par ses actionnaires. Le journal se sépare du Rappel, dont il était l’émanation.
  • 19 septembreAyant découvert une lettre d’amour adressée à Hugo, Juliette fuit à Bruxelles.
  • 26 septembreRetour de Juliette Drouet à Paris.
  • 4 octobreAprès avoir loué pendant deux mois une petite maison à Auteuil, ils s’installent 55 rue Pigalle.
  • 26 décembreMort de François-Victor Hugo, de la tuberculose.
  • 28 décembreEnterrement de François-Victor au Père-Lachaise.