26 mai 1853

« 26 mai 1853 » [source : BnF, Mss, NAF 16374, f. 85-86], transcr. Bénédicte Duthion, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.d21124e2019, page consultée le 09 mai 2026.

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Bonjour, mon doux bien-aimé, bonjour, mon cher amour, bonjour, ma joie rayonnante, bonjour mon bonheur infini, bonjour. As-tu mieux dormi cette nuit-ci que l’autre, mon pauvre petit homme ? Quant à moi, j’ai toujours beaucoup de peine à faire de longs sommes. Cependant, de lichette en chiquette, je parviens tant bien que mal à passer la nuit, et le temps que je ne passe pas à dormir je l’emploiea à rêver le RESTE, en tout bien tout honneur. Voici une journée qui s’annonce chaudement dès le matin. Nous verrons si elle tiendra ce qu’elle promet. En attendant, je me prépare pour la copire. Je voudrais avoir toujours cet EN-CAS à ma disposition pendant votre absence, car c’est la seule chose qui remplisse le vide qu’elle fait dans mon cœur. Mais que vous êtes donc gentil d’être revenu hier au soir ! Cette surprise m’a été d’autant plus douce que je n’y comptais pas du tout. Aussi, vous devriez m’en faire plus souvent, des surprises heureuses, cela ne vous coûterait pas beaucoup et cela me comblerait de joie. Mais pour cette fois, je vous remercie autant que pour cent millions de fois.

Juliette


Notes manuscriptologiques

a « emploi ».


« 26 mai 1853 » [source : BnF, Mss, NAF 16374, f. 87-88], transcr. Bénédicte Duthion, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.d21124e2019, page consultée le 09 mai 2026.

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Ah !...ah… !ah !.... Je vous y prends à braquera les femmes ! Vous ne pouvez pas le nier car vous avez encore votre lunette sur les lunes des Jersiaises. Ah ! polisson ! Ah ! monstre ! Ah ! vilain sale ! Ah ! affreux paillard ! C’est ainsi que vous mettez votre cynique nez dessus et à même ! Soyez tranquille, je vous en réserve une drôle de trépignée. Vous aurez beau tâcher de cacher votre flânerie libidineuse, sous prétexte de poésie, de poste et de Zéno, je sais à quoi m’en tenir et je vous grifferai depuis les yeux jusqu’à la plante des pieds. Je vous conseille de vous bien tenir car JE SAIS TOUT et je suis capable de tout. En attendant, je vais copire votre effroyable et splendide MACHINE1… infernale d’hier. Fichtre quand ils recevront cela en plein pifb, ce qui restera de leur hideuse carcasse ne sera plus bon qu’à mettre à la voirie parmi les chiens crevés et les chevaux morveux. C’est que vous êtes un terrible Père Fouettard quand vous vous y mettez et Nicolas lui-même, tout le plus bel homme de son empire qu’il soit, ne s’entendrait pas à confectionner les martinets aussi bien que vous. Décidément, il ne fait pas bon se trouver sous vos coups. Je n’en dis pas autant de votre lunette mais comme vous ne la dirigez pas sur moi, je l’admire médiocrement [PROZETTE ?] comme dirait le POLONELLE. Craignez-moi et tremblez.

Juliette


Notes

1 Juliette copie les poèmes de Châtiments. Le recueil sera achevé à la fin du mois de mai.

Notes manuscriptologiques

a « bracquer ».

b « piff ».

Cette année-là…
?

Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.

elle s’inquiète des séances de spiritisme à Marine-Terrace, dont elle est exclue, et qui lui semblent des diableries.

  • 6 septembreArrivée de Mme de Girardin chez les Hugo ; elle va initier ses hôtes aux tables parlantes à partir du 11 septembre.
  • 21 novembreChâtiments.